Sagesses du 7 décembre

Toute la vie corporelle de l’être humain est une suite de changements qu’il ne remarque pas, mais que l’on peut observer. L’origine de ces changements, qui commence à sa naissance, et leur fin — dans la mort — échappent toutefois à l’observation humaine.

1

Je vous le dis en vérité, à moins qu’un grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il demeure seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra ; celui qui la hait en ce monde la gardera pour la vie éternelle.

Jean 12, 24–25

2

La vie change constamment d’aspect extérieur. Seul un ignoramus, incapable de voir au‑delà de la surface des choses, pense qu’elle est détruite quand elle disparaît sous une forme particulière. Car si elle disparaît dans une forme, ce n’est que pour reparaître sous une autre. Une chenille disparaît et reparaît sous la forme d’un papillon, un bébé disparaît mais laisse place à un jeune ; l’homme animal disparaît et reparaît sous la forme de l’homme spirituel.

Lucy Mallory

3

Que signifie le gland, si ce n’est le chêne privé de ses branches, de ses feuilles, de son tronc, de ses racines, c’est‑à‑dire de toutes ses formes et de toutes ses particularités, mais concentré dans son essence, dans sa force productive, qui peut de nouveau récupérer tout ce qu’il a abandonné ? Cette appauvrissement n’est donc qu’une réduction superficielle. Revenir à son éternité — voilà ce que signifie mourir. Mourir ne veut pas dire périr, mais revenir à sa potentialité.

Amiel

4

N’avons‑nous pas déjà été une fois ressuscités d’un état où nous connaissions du présent moins que ce que nous savons actuellement du futur ? Le rapport entre notre état actuel et l’avenir est le même qu’entre notre état passé et le présent.

Lichtenberg

5

Craignez‑vous vraiment le changement ? Après tout, rien au monde ne se produit sans changement. On ne peut pas chauffer l’eau sans transformation du bois en feu ; la nourriture est impossible sans transformation des aliments. Toute la vie du monde n’est rien d’autre que changement. Comprenez que la transformation qui vous attend est de même nature, qu’elle est nécessaire en raison de la structure même des choses. Il n’y a qu’une seule chose dont vous devriez vous soucier : faire en sorte de ne rien faire qui soit contraire à la véritable nature de l’être humain, et vous laisser guider par elle dans tout ce que vous faites.

Marc Aurèle

6

Tout ce qui existe dans le monde grandit, fleurit et retourne à ses racines. Revenir à ses racines, c’est la tranquillité en harmonie avec la nature. Harmonie avec la nature signifie éternité ; aussi la destruction du corps ne présente‑t‑elle en elle‑même aucun danger.

Laozi

La mort est une transformation de la forme à laquelle notre âme est liée. Nous ne devons pas confondre la forme avec ce qui y est lié.