L’humanité se perfectionne constamment, et elle se perfectionne non d’elle‑même, mais par les efforts que chaque être humain fait pour sa propre autoperfection. Nos efforts instaurent le royaume de Dieu.
Hérode est un homme de pouvoir, d’autocratie, d’une nature particulière, qui ne doit rien à personne, mais à qui tout le monde est redevable : un roi du passé qui sera renversé du trône par le roi de l’avenir. Dès les premières nouvelles de la naissance de ce roi à venir, il perçoit une menace. Que fait‑il ? D’abord, il est rusé et sournois ; puis les mensonges sont suivis du meurtre. Il se livre à une multitude de massacres indistincts, tue des enfants encore à la mamelle, parce qu’il a peur d’un enfant, d’un enfant inconnu. Pour le détruire à coup sûr, il n’a d’autre moyen. Il est prêt à laisser mourir tout le monde, pourvu que cet enfant meure aussi. Mais il ne meurt pas. Le roi de l’avenir vivra pour combattre le roi du passé. Ce sera une longue lutte, qui se prolongera de siècle en siècle, d’un Hérode à l’autre, au milieu des souffrances, des pleurs et du sang, au milieu du sang des enfants et des pères, au milieu des larmes des mères et de la souffrance de tous. Mais ces calamités ne doivent pas nous troubler ; gardez courage, soyez fermes, combattez constamment, sans relâche, sans peur et sans doute, car le roi de l’avenir triomphera.
— Lamennais
On entend souvent dire que tous les efforts pour changer la vie, extirper le mal et établir la justice sont inutiles, que tout cela se fera de lui‑même, que le progrès s’en chargera. Les gens naviguaient dans un bateau propulsé par des rames, et les rameurs ont réussi à atteindre leur destination et ont débarqué. Mais les passagers restés dans le bateau refusent de prendre les rames, croyant qu’au‑delà de ce qui est déjà arrivé, le bateau continuera de se mouvoir de lui‑même.
Ici‑bas, il n’y a pas de repos, et il ne devrait pas y en avoir. La vie est la poursuite d’un but, auquel on peut se rapprocher sans jamais l’atteindre, et c’est pour cela qu’il n’y a pas de repos ici. Le repos est immoral. Je ne suis pas assez confiant pour dire ce qu’est ce but ; mais quelque chose, quoi qu’il en soit, existe, ou doit exister. La vie serait sans sens sans cela ; y consentir reviendrait à nier Dieu ; et plus encore, ce serait considérer la vie comme une mauvaise et stupide plaisanterie.
— Giuseppe Mazzini
Toute l’histoire confirme la vérité indéniable que Dieu ne se laisse pas saisir par la raison, mais par l’obéissance, que la présence d’un ordre éternel dans le monde ne devient claire que lorsqu’on s’y soumet, et que c’est là le seul moyen d’apprendre sur terre sa volonté.
— John Ruskin
Nous seuls pouvons apporter la justice dans la vie du monde. Les forces de la nature ne peuvent rien sans nous. Si l’humanité, dans l’ensemble, ne le fait pas, personne ne le fera.
— Gizicki
Si nous acceptons que les choses ne peuvent être autrement qu’elles ne sont, nous faisons partie de la force qui maintient le monde dans son état actuel. Si nous nous rebellons, nous faisons partie de la force qui change le monde.
— Salter
La majorité des hommes ne pense pas. La majorité dépense tant d’énergie à la lutte pour la vie qu’elle n’a pas le temps de réfléchir. La majorité accepte, comme allant de soi, tout ce qui est. C’est ce qui rend si difficile la tâche du réformateur social, si pénible son chemin. C’est ce qui attire sur ceux qui soulèvent les premiers la voix en faveur d’une grande vérité les railleries des puissants et les imprécations de la foule, l’exclusion, le martyre, le vêtement de moquerie et la couronne d’épines.
— Henry George
Quel que soit le peu perceptible et insignifiant que soit votre participation au mouvement général de perfectionnement de la vie du monde, elle est nécessaire, car ce sont précisément ces efforts infimes et invisibles de la majorité qui forment le mouvement vers le bien dont vous profitez vous‑mêmes. Alors ne feignez pas de n’y pas être ; poussez‑vous en avant, même lorsque personne ne vous regarde ni ne vous presse.
