Plus l’humanité existe, plus elle se libère des superstitions et plus les lois de la vie lui apparaissent simples.
Notre époque est l’âge véritable de la critique. La religion et la législation cherchent naturellement à se soustraire à cette critique : la religion, au nom de sa sacralité ; la législation, au nom de sa grandeur extérieure. Mais cela n’alimente que le soupçon à leur égard, et elles ne peuvent espérer un respect sincère, car la raison ne respecte que ce qui peut supporter son épreuve libre et publique.
— Kant
Des missionnaires sont diligemment en train de répandre le christianisme en Inde. Mais l’Église chrétienne peut‑elle offrir à l’Inde un avenir plus enviable que son passé ? Peut‑elle lui donner plus de force mentale et spirituelle que ce qu’elle possède déjà et qu’elle détient depuis toujours ? L’Église chrétienne a‑t‑elle une conception de la divinité omniprésente, omnipotente et omnisciente supérieure à celle des adeptes de l’enseignement brahmanique ? L’idée d’un Dieu qui marche dans le jardin avec Adam et Ève, qui ne les entend pas parce qu’il s’est éloigné d’eux, qui craint une attaque de sa forteresse céleste par les constructeurs d’une tour, qui mange de l’agneau rôti avec des anciens, qui s’irrite de bagatelles et qui maudit parfois les malheureux êtres humains qu’il a lui‑même créés pour leurs fautes — cette conception de Dieu peut‑elle être jugée supérieure à celle d’un être invisible, omniscient, omnipotent, qui manifeste sa volonté partout dans l’univers ? Et la croyance à la divinité du Christ, à son incarnation, à sa résurrection et à son sacrifice rédempteur ? N’est‑ce pas un blasphème de faire entrer l’être le plus élevé et le plus grand dans les affaires des mortels ? Si les Hindous doivent croire à la résurrection, pourquoi ne croiraient‑ils pas à l’incarnation de Krishna ou de Rama : pourquoi devraient‑ils croire en Christ plutôt qu’en eux ? Or, Dieu, comme le dit un texte véritablement sacré de l’humanité, n’a pas de corps et n’est pas né (Jean 4), et ne peut donc être incarné. Les enseignements sur la résurrection ne sont que des contes : le tombeau n’a jamais rendu ses morts, s’ils l’étaient vraiment. Quant à la rédemption, cette doctrine contredit même la notion la plus élémentaire de justice.
— Lucy Mallory
Étudie tout, place la raison en premier.
— Pythagore
La vie consiste à acquérir une vérité toujours plus grande sur notre destination et à vivre en harmonie toujours plus grande avec cette vérité. Toutes les fausses religions prétendent que leur texte contient une vérité déjà prête, complète, parfaite (les Védas, la Bible, le Coran) et qu’il existe des moyens de vivre conformément à cette vérité (foi, sacrifice, prière, grâce). Le résultat est que l’on n’a plus besoin de chercher la vérité ni de travailler à améliorer sa vie. C’est terrible.
Ne crains pas la destruction que la raison provoque dans les traditions établies. La raison ne peut détruire rien sans le remplacer par la vérité. C’est une de ses propriétés.
