On ne dit pas par hasard que toute la loi consiste à aimer Dieu et son prochain. L’amour du prochain est un cas particulier. Il peut y avoir ou non un prochain. Dieu, lui, est toujours là. Ainsi, même quand un être humain est seul dans un désert ou dans une prison, il peut accomplir la loi en aimant Dieu et toutes les manifestations de Dieu qui lui sont accessibles, même si ce n’est que par des souvenirs, des images intérieures et des pensées.
Souviens-toi que l’Esprit de Dieu habite en tout être humain — celui même qui te donne la vie — et que tu dois donc non seulement aimer, mais vénérer chaque âme humaine comme sacrée.
Un cheval utilise sa grande vitesse pour fuir un prédateur ; il n’est malheureux pas quand il ne peut pas chanter comme un coq, mais quand il perd ce qui lui a été donné : sa vitesse. Un chien a un sens de l’odorat ; il est malheureux quand il perd ce qui lui a été donné — son odorat — et aucun chien n’est malheureux parce qu’il ne peut pas voler. De même, l’être humain n’est pas malheureux parce qu’il ne peut pas dominer un ours, un lion ou des hommes mauvais, mais quand il perd ce qui lui a été donné : la bonté et la raison. Un tel être humain est véritablement malheureux et mérite pitié. Ce n’est pas quand l’être humain meurt, ni quand il perd son argent, sa maison ou ses biens, que nous devrions le plaindre — rien de tout cela ne lui appartient vraiment. La véritable pitié, c’est quand il perd son bien véritable : sa dignité humaine.
— Épictète
Ne fais rien qui choque ta conscience, ni en public ni en secret.
À notre époque, les gens oublient qu’ils doivent surtout vénérer l’être humain en eux‑mêmes. Car ce sentiment de l’être qui s’élève en nous, nous ne savons comment, dans l’âme, lors des heures calmes, n’est pas distinct des choses, de l’espace, de la lumière, du temps, de l’homme, mais un avec eux, et provient évidemment de la même source d’où provient aussi leur vie et leur existence. Et pourtant, l’homme ne se tient pas en admiration devant l’homme, ni son génie n’est averti de rester à la maison pour entrer en communication avec l’océan intérieur, mais il s’en va à l’étranger mendier une coupe d’eau aux urnes des autres hommes.
— Emerson
Le plus misérable d’entre nous possède encore quelque don, et, aussi ordinaire que soit ce don, puisqu’il est propre à chacun, il peut, avec une application convenable, devenir un don pour tout le genre humain.
— John Ruskin
Outre ses devoirs envers son prochain, tout être humain a un devoir envers lui‑même, en tant qu’enfant de Dieu.
