Sagesses du 27 décembre

Tout ce que nous voyons et connaissons, nous le voyons et le connaissons non tel qu’il est en réalité, mais tel qu’il apparaît à nos facultés cognitives.

1

Les cieux et la terre sont grands, mais ils ont une couleur, une forme et une dimension. Il y a en l’être humain quelque chose qui n’a ni couleur, ni forme, ni nombre, ni grandeur — et ce quelque chose est la raison. Si l’univers était par lui‑même inanimé, ce ne serait que par l’intellect humain qu’il pourrait être animé. Or l’univers est infini, et l’intellect humain est fini ; par conséquent, l’intellect humain ne peut pas être l’intellect de l’univers. Il découle de là qu’il faut que l’univers soit animé par un intellect, et que cet intellect soit infini.

Confucius

2

Quand on parle du ciel comme d’un lieu où sont les bienheureux, on imagine naturellement ce lieu quelque part au‑dessus de soi, dans les espaces infinis de l’univers. Mais en pensant ainsi, on oublie que, vue depuis ces espaces, notre Terre apparaît aussi comme l’une des étoiles célestes, et que les habitants de ces mondes auraient tout autant le droit de montrer la Terre et de dire : « Regardez cette étoile : c’est un lieu de béatitude éternelle, un havre céleste préparé pour nous, où nous nous trouverons un jour. » Le fait est que, par une étrange erreur de notre pensée, l’essor de notre foi reste toujours lié à l’idée de monter vers le haut, et que nous ne songeons pas au fait que, aussi loin que nous montions, nous devrons redescendre pour trouver un point d’appui ferme sur un autre monde.

Kant

3

Au lieu de dire que le monde se reflète en nous, nous devrions plutôt dire que notre raison se reflète dans le monde. Nous ne pouvons être autrement : nous devons reconnaître de l’ordre et une organisation rationnelle dans le monde — c’est le résultat de nos facultés rationnelles. Mais cela ne signifie nullement que ce qui est nécessaire à notre processus de pensée soit la même chose dans la réalité, puisque nous n’avons absolument aucune idée du fonctionnement du monde extérieur.

Lichtenberg

4

Regarde ce fragile reflet nu, dominé par les désirs, sans force, incapable de se défendre, le corps épuisé, fragile et faible, comme s’il allait se briser en morceaux, la vie en lui déjà passant dans la mort… Un crâne nu ressemble à une citrouille, récoltée en automne… Est‑il encore possible d’être heureux, de ressentir encore de la joie ?

Cette forteresse fut faite pour des os, enveloppés de chair et nourris du sang, et maintenant — maintenant la vieillesse et la mort, l’orgueil et l’arrogance y demeurent… Les magnifiques chars des rois s’effondrent, la vieillesse rapproche le corps de la décomposition ; seules les enseignements de la bonté ne vieillissent ni ne périssent.

Sagesse bouddhique

5

Dès qu’un être humain se regarde lui‑même comme un être purement matériel, il devient pour lui‑même une énigme insoluble, une contradiction inextricable.

Pour comprendre le véritable sens des choses, il est nécessaire de ramener tout ce qui est visible à l’invisible, et tout ce qui est matériel au spirituel.