Pour que la charité soit véritable, elle doit être entièrement indépendante de l’approbation des autres et de toute récompense supposée dans l’au‑delà.
Prenez garde de ne pas pratiquer votre charité devant les hommes pour être vu d’eux, sinon vous n’aurez aucune récompense de votre Père qui est dans les cieux. C’est pourquoi, lorsque tu fais une œuvre de miséricorde, ne sonne pas la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense. Mais quand tu fais une œuvre de miséricorde, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite, afin que ta charité se fasse en secret. Et ton Père qui voit dans le secret te la rendra publiquement.
— Matthieu 6, 1–4
Non seulement un sou donné par une veuve pauvre est égal au plus grand des dons, mais c’est seulement ce sou qui constitue la véritable charité. Seuls les pauvres qui travaillent peuvent goûter le véritable bonheur de la charité. Les riches oisifs en sont privés.
Les institutions de bienfaisance peuvent être inutiles ou nuisibles, elles peuvent parfois être utiles (rarement), mais elles ne peuvent jamais être morales. Plus que tout, de telles institutions montrent chez ceux qui les établissent la disparition complète non seulement du sentiment, mais aussi de la compréhension de la compassion et de la charité qui en découle.
La charité commence à la maison. Si tu dois te déplacer quelque part pour être charitable, ce que tu veux montrer ne peut guère être appelé charité.
Le soutien que les riches accordent ouvertement aux pauvres n’est, au mieux, qu’un geste de courtoisie, et en aucun cas un acte de charité. Une personne demande : comment aller à tel endroit ? La courtoisie exige que l’on s’arrête pour le lui indiquer. Une autre vous demande de lui donner 5 kopeks, ou 5 roubles, ou 50 roubles. Si vous avez 5 kopeks, ou des roubles, ou des dizaines de roubles à donner, vous devez les lui donner, et ce sera encore un cas de courtoisie, mais ce geste n’aura rien de commun avec la charité.
La charité matérielle n’est bonne que lorsqu’elle est un sacrifice. Seulement alors celui qui reçoit un don matériel reçoit aussi un don spirituel. S’il ne s’agit que d’un surplus et non d’un sacrifice, cela ne fait que blesser le receveur.
