L’une des tentations les plus ordinaires, qui conduit aux plus grands désastres, est celle exprimée par les mots : « tout le monde le fait. »
Malheur au monde à cause des occasions de chute ! Car il est nécessaire que ces occasions arrivent, mais malheur à l’homme par qui elles arrivent ! Si ta main ou ton pied te fait tomber, coupe‑les et rejette‑les de toi. Il est mieux pour toi d’entrer dans la vie estropié ou boiteux, que d’avoir deux mains ou deux pieds et d’être jeté dans le feu éternel. Si ton œil te fait tomber, arrache‑le et jette‑le de toi. Il est mieux pour toi d’entrer dans la vie avec un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne du feu.
— Matthieu 18, 7–9
N’est‑ce pas toujours la grande objection, lorsqu’il s’agit de faire quelque chose d’utile : « Nous ne pouvons pas quitter notre station dans la vie » ? Pour la plupart de ceux qui emploient cette excuse, « rester dans la station où la Providence les a placés » signifie garder toutes les voitures, tous les domestiques et toutes les grandes maisons qu’ils peuvent payer ; et je le dis franchement : si jamais la Providence les a vraiment mis dans de telles positions — ce qui n’est d’ailleurs pas certain —, elle les appelle maintenant très clairement à en sortir. La « station » de Lévi était le lieu de la perception des impôts, celle de Pierre le bord de la mer de Galilée, celle de Paul, le vestibule du grand prêtre — et chacun de ces deux‑là a dû quitter sa station, avec peu de préavis.
— John Ruskin
Si la main d’un homme n’a pas de blessure, il peut toucher le venin d’un serpent : le venin n’est pas dangereux pour une main saine. Le mal est inoffensif seulement pour celui qui lui‑même ne commet aucun mal.
— Sagesse bouddhique
On ne met pas une pièce d’étoffe non rétrécie sur un vieux vêtement, car le morceau arraché gâterait le vêtement, et il résulterait un plus grand déchirement. On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres, sinon les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Non, on met le vin nouveau dans de nouvelles outres, et ainsi l’un et l’autre se conservent.
— Matthieu 9, 16–17
Un homme s’expose à un grand danger lorsqu’il s’engage dans des obligations pécheresses dont il est difficile de se dégager. Au début, il a honte d’avouer ses fautes ; puis il lui devient difficile de s’en libérer ; et enfin il s’aperçoit que s’il renonçait à ses péchés, sa réputation dans la société serait ruinée. Celui qui ne s’arrête pas à la première étape du péché en arrive à la dernière.
— Baxter
Là où les choses nous paraissent dignes d’un respect particulier, nous devons les dépouiller, ôter toutes les paroles qui les glorifient, car l’éclat extérieur est capable de corrompre la raison. C’est précisément quand tu es pleinement convaincu que tu fais ce qui mérite ton respect que tu es le plus trompé.
— Marc Aurèle
Il arriva qu’un vieil homme fut tenté : il était tourmenté par une question — pourquoi Dieu permet‑il le mal dans le monde ? Et il en reprocha Dieu. Alors il eut un songe : il vit un ange de Dieu descendre du ciel, tenant à la main une couronne brillante, cherchant quelqu’un à qui la donner. Le cœur du vieillard brûla. Et il dit à l’ange : « Que dois‑je faire pour mériter cette couronne ? Je ferais tout ce qu’il faudra pour obtenir cette récompense. » Et l’ange dit : « Regarde là‑bas. » Se tournant, il indiqua le nord. Le vieillard se retourna et vit un grand nuage noir. Le nuage couvrait la moitié du ciel et descendait jusqu’à la terre. Puis le nuage se fendit et révéla une grande horde d’Éthiopiens noirs qui s’avançaient vers lui ; derrière tous se tenait un Éthiopien géant, terrible, dont les pieds reposaient sur la terre, mais dont la tête hirsute, aux yeux effrayants et aux lèvres rouges, atteignait le ciel. « Combats‑les, vaincs‑les, et je placerai la couronne sur ta tête. » Le vieillard frissonna et dit : « Je peux combattre n’importe qui, mais l’Éthiopien géant dont les pieds touchent la terre et la tête atteint le ciel dépasse la force humaine. Je ne peux pas le combattre. » « Homme insensé ! » dit l’ange de Dieu. « Tous ces petits Éthiopiens que tu ne veux pas combattre, parce que tu crains le grand Éthiopien, tous ces petits Éthiopiens sont les passions humaines, et elles peuvent être vaincues. Le grand Éthiopien est le mal du monde causé par ces passions mineures, celui même dont tu as reproché Dieu, et dont il n’est pas besoin de se battre, car il est complètement vide. Vaincs les passions, et le mal disparaîtra du monde de lui‑même. »
— Légende
La fausse honte est l’arme favorite du diable. Il fait encore plus avec elle qu’avec la fausse fierté. Car avec la fausse fierté, il ne fait que fouetter le mal ; mais avec la fausse honte, il paralyse le bien.
— John Ruskin
Il n’y a pas de mal dans le monde. Tout mal existe dans nos âmes, et il peut être détruit.
