Comme l’ordre du monde doit être mauvais, pour que les riches, qui vivent du travail des pauvres, qui sont servis, nourris et vêtus par les pauvres, puissent penser qu’ils sont les bienfaiteurs des pauvres !
Une pierre tombe sur une cruche — malheur à la cruche ; une cruche tombe sur une pierre — malheur à la cruche ; quoi qu’il arrive, c’est toujours la cruche qui a tort.
— Le Talmud
Si les riches peuvent employer leur richesse au bénéfice des pauvres, c’est parce que le gouvernement, en favorisant certaines personnes, introduit une inégalité économique et rend ainsi la charité nécessaire. Et, dans de telles conditions, l’aide que les riches apportent aux pauvres mérite-t-elle seulement le nom de charité, dont on aime tant se vanter comme d’un mérite ?
— Kant
Les plaisirs des riches sont achetés par les larmes des pauvres.
Bien que nous ne volions pas de l’or ni des terres, nous faisons néanmoins la même chose à plus petite échelle lorsque nous mettons tout en œuvre pour tromper autrui ou pour lui cacher des choses. Lorsque, par exemple, dans nos obligations commerciales et quand nous achetons ou vendons quelque chose, nous marchandons et essayons de payer moins que ce que nous devrions, en y consacrant beaucoup d’efforts — n’est-ce pas du vol ? N’est-ce pas de la barbarie et du vol ? Ne me dis pas que tu n’as pas volé une maison ou un esclave. L’injustice ne se mesure pas à la valeur de ce qui a été volé, mais à l’intention des voleurs. Le degré d’injustice et de justice est égal dans ce qui est grand et dans ce qui est petit. Et, de même que j’appelle voleur celui qui prend l’argent d’autrui en coupant sa bourse, j’appelle aussi voleur celui qui garde pour lui une partie du vrai prix d’un bien acheté au marché. Ce n’est pas seulement celui qui entre par effraction dans une maison et y vole quelque chose qui est un brigand, mais aussi celui qui viole la justice en retirant quelque chose à son prochain.
— Jean Chrysostome
« Ne dépouille pas le pauvre parce qu’il est pauvre », dit Salomon. Et pourtant ce « dépouiller le pauvre parce qu’il est pauvre » est chose très commune : le riche exploitera toujours les besoins du pauvre pour le contraindre à travailler pour lui ou à acheter ce qu’il vend au prix le plus bas. Le brigandage d’un riche sur les routes parce qu’il est riche est bien plus rare, car il est dangereux de voler les riches, tandis qu’on peut voler les pauvres sans courir aucun risque.
— John Ruskin
Il est vrai que la richesse est une accumulation de travail ; mais en général, l’un fait le travail et l’autre accumule. Et c’est cela que les sages appellent « division du travail » !
La richesse juste ne peut exister que parmi des gens qui ont tous assez. Là où il y a des centaines de pauvres pour un riche, comme c’est le cas chez nous, on ne peut pas être riche avec justice.
