Il est toujours mal de blâmer un autre, car nul ne peut jamais savoir ce qui s’est passé et se passe encore dans l’âme de cet autre.
Nous jugeons souvent les gens : nous appelons l’un bon, l’autre mauvais, l’un stupide, l’autre intelligent. Il ne faut pas faire cela. Un être humain coule comme un fleuve. Chaque jour, il est le même et n’est pas le même : il était stupide, il est devenu intelligent ; il était mauvais, il est devenu bon, et inversement. Il ne faut pas juger un être humain. Tu l’as jugé, mais il est déjà un autre.
Si tu as la chance de ne toujours dire que ce qui est vrai, de rejeter ce qui est faux, de ne douter que de ce qui est douteux et de ne désirer que ce qui est bon et utile, alors tu ne ressentiras pas d’indignation contre les méchants et les insensés. « Mais ce sont des voleurs et des fraudeurs ! » dis-tu. Et qu’est-ce qu’un voleur et un fraudeur ? C’est un être humain défectueux et égaré. Et un tel homme doit être plaint, non pas pris en haine. Si tu peux, convaincs-le que la manière dont il vit maintenant n’est pas bonne pour lui, et il cessera de faire le mal. Et s’il ne comprend pas encore cela, ce n’est pas étonnant qu’il mène une mauvaise vie. « Mais, diras-tu, de tels gens ne méritent-ils pas d’être punis ? » Ne parle pas ainsi. Il vaut mieux dire que cet homme se trompe sur ce qu’il y a de plus important au monde. Sa cécité n’est pas corporelle, mais spirituelle. Et dès que tu te le dis, tu comprendras à quel point tu as été cruel envers lui. Si les yeux d’un homme souffrent d’une maladie et qu’il perd la vue, tu ne dirais pas qu’il faut le punir. Alors pourquoi veux-tu punir un être humain privé de quelque chose de plus précieux que les yeux, privé du plus grand bien — la capacité de vivre sagement ? Au lieu de te mettre en colère contre de tels hommes, nous ne devrions ressentir pour eux que de la pitié. Aie donc pitié de ces pauvres gens et essaie de ne pas te fâcher contre leurs erreurs. Souviens-toi combien de fois toi-même tu t’es trompé et as péché, et réprimande-toi d’héberger colère et cruauté dans ton âme.
— Épictète
Si tu commences à penser à tes propres défauts et à faire effort pour les corriger, alors la pensée de blâmer les autres ne te viendra même pas, et en plus tu n’auras pas le temps pour cela.
Ne juge pas ton prochain avant d’avoir été à sa place.
— Le Talmud
Pardonne beaucoup aux autres, ne te pardonne rien.
— Publilius Syrus
Je sais de moi-même que je ne veux pas faire le mal, et que si je le fais, c’est parce que je ne peux pas me retenir. Si quelqu’un d’autre fait le mal, c’est aussi parce qu’il ne peut pas se retenir. Alors pourquoi ai-je de mauvaises pensées à son sujet et pourquoi le blâme-je ?
