Le travail, l’exercice de ta force, est une condition nécessaire de la vie. Un être humain peut forcer les autres à faire ce dont il a besoin, mais il ne peut pas se libérer de l’exigence de travailler imposée par son corps. Si son travail n’est ni utile ni raisonnable, il devient alors vain et absurde.
Comme tous les autres animaux, les humains sont faits de telle sorte qu’ils doivent travailler pour ne pas mourir de faim et de froid. Et, comme pour tous les autres animaux, ce travail pour se nourrir et se protéger des intempéries n’est pas une souffrance mais une joie. Mais les hommes ont organisé leur vie de telle sorte que certains ne travaillent pas du tout et obligent d’autres à travailler pour eux ; ceux-là s’ennuient parce qu’ils ne savent que faire, et inventent toutes sortes de choses stupides et viles pour se distraire, tandis que d’autres doivent se forcer à accomplir des tâches fastidieuses parce qu’ils doivent travailler pour autrui au lieu de travailler pour eux-mêmes. Ce n’est bon ni pour les uns ni pour les autres. C’est mauvais pour les premiers, les oisifs, parce qu’ils ruinent leur âme dans l’oisiveté, et c’est mauvais pour les seconds parce qu’ils épuisent leur corps par le surmenage. Mais c’est néanmoins meilleur pour les travailleurs que pour les oisifs. L’âme est plus précieuse que le corps.
Si la chose principale pour toi est le travail, et le salaire secondaire, alors ton maître sera le labeur et son créateur — Dieu. Mais si le travail est secondaire pour toi, et le salaire premier, alors tu es l’esclave du salaire et de son créateur — le diable — et, de plus, le plus bas et le dernier des diables.
— John Ruskin
Pour prendre les gens avec sa ligne de pêche, le diable emploie des appâts variés. Mais l’oisif n’en a pas besoin : il se jette sur l’hameçon nu.
Un Européen vante à un Chinois l’avantage de la fabrication mécanique : « Elle libère l’être humain du travail. » « Mais le travail est une bénédiction. Être libéré du travail serait un grand malheur », répond le Chinois.
Toute forme de travail manuel ennoblit un être humain. Ne pas apprendre le travail manuel à ton fils, c’est le préparer au vol.
— Le Talmud
Un animal ne peut pas vivre sans exercer ses muscles, et un être humain non plus. Pour que cet exercice soit satisfaisant et agréable, il doit être orienté vers quelque chose d’utile, ou, mieux encore, vers le service des autres. C’est là le meilleur usage qu’on puisse en faire.
