La guerre et le christianisme sont incompatibles.
Il suffit à un homme de se dire à propos d’une mauvaise action que, même s’il sait qu’elle est mauvaise, il est impossible de ne pas la faire — il suffit qu’il se dise cela pour qu’il commette les atrocités les plus terribles, et non seulement il pensera que de telles choses sont permises, mais il en sera même fier. La guerre est l’une de ces atrocités.
Si l’on veut abolir la paix armée et la guerre, ce ne sera pas par les rois et les puissants du monde. La guerre leur est trop profitable. La guerre prendra fin seulement lorsque ceux qui en souffrent le plus comprendront que leur sort est entre leurs mains et utiliseront le moyen le plus simple et le plus naturel pour se libérer des malheurs de la guerre : cesser d’obéir à ceux qui les entraînent à la guerre et en font des soldats.
— D’après Harduin
À ceux qui, sans comprendre notre foi, veulent nous faire prendre les armes et tuer des hommes pour une cause commune, nous pouvons répondre : « Vos prêtres païens, attachés à vos idoles et à vos temples, gardent leurs mains pures afin que les sacrifices qu’ils offrent à vos dieux soient accomplis par des mains propres et non souillées par le sang et le meurtre. Quel que soit le type de guerre qui éclate, vous ne les enrôlerez jamais dans l’armée. Si cette coutume est sage, alors ne serait-il pas encore plus sage pour nous, chrétiens, de garder nos mains pures de toute souillure ? » Lorsque nous exhortons les hommes à ne pas transgresser les liens et les conditions du monde, nous sommes bien plus utiles aux gouvernants que leurs guerres. Nous participons véritablement aux œuvres dont le but est le bien commun lorsque, à nos exhortations, nous ajoutons des contemplations et des exercices qui enseignent aux hommes à se libérer de leurs passions. Oui, nous combattons plus que tous les autres pour notre empereur. Certes, nous ne servons pas sous ses enseignes et ne le ferons pas, même s’il veut nous y contraindre, mais nous combattons pour lui par nos bonnes actions.
— Origène
Jésus a posé les fondements d’une société nouvelle. Avant lui, les peuples appartenaient à un ou à plusieurs maîtres, comme des troupeaux appartiennent à leurs propriétaires. Les princes et les puissants du monde écrasaient le peuple sous le poids de leur orgueil et de leur avidité. Jésus met fin à ce désordre, relève les fronts inclinés et libère les esclaves. Il leur enseigne que, les hommes étant égaux devant Dieu, ils sont libres, que nul ne peut exercer sur ses frères un pouvoir de son propre chef, que l’égalité et la liberté, lois divines de l’humanité, sont inviolables ; que le pouvoir ne peut être un droit ; que, dans l’ordre social, il est un devoir, un service, une sorte d’esclavage accepté librement pour le bien commun. Telle est la société que Jésus établit. La voyons-nous dans le monde ? Est-ce cet enseignement qui règne sur la terre ? Les princes sont-ils les esclaves ou les maîtres dans notre monde ? Pendant dix-neuf siècles, génération après génération, on transmet l’enseignement du Christ en prétendant y croire, et le monde a-t-il changé ? Les peuples, opprimés et souffrants, attendent encore la libération promise ; et ce n’est pas parce que la parole du Christ serait fausse ou sans valeur, mais parce que les hommes n’ont pas compris que la réalisation de l’enseignement doit être accomplie par leurs propres efforts, par leur volonté ferme, ou bien, s’étant endormis dans leur humiliation, ils n’ont pas fait l’unique chose qui mène à la victoire : ils ne veulent pas mourir pour la vérité. Mais ils s’éveilleront. Quelque chose remue déjà en eux ; ils entendent une voix qui dit : le salut est proche.
— Lamennais
Un être humain en général, et un chrétien en particulier, ne doit pas participer à la guerre ni aux préparatifs de guerre, ni personnellement, ni financièrement, ni en la justifiant par des raisonnements.
