Le principal changement dans la vie des peuples est le changement de leurs croyances.
Jésus, à l’approche de la fin de sa vie, s’occupe principalement de deux questions : la question de savoir comment son nom sera dévoyé, et celle de l’affirmation finale de sa loi, qui se produira après de profondes secousses destructrices. Avant sa mort, le Christ dit à tous ses disciples et à tout le monde que de faux Christs et de faux prophètes viendront après lui, et qu’il faut s’en méfier, aussi étonnants puissent-ils paraître aux yeux des peuples. Il dit qu’ils seront puissants et que les peuples seront tentés par leur puissance. Il explique comment reconnaître que leur enseignement est faux. On le reconnaît par la même chose qui nous sert à distinguer un bon arbre d’un mauvais : par ses fruits. Si l’enseignement n’inclut pas le mépris des plaisirs de ce monde, n’enseigne pas le renoncement à soi-même, n’enseigne pas la charité et l’amour de tous sans distinction, alors ce n’est pas le vrai enseignement chrétien, et ceux qui l’enseignent sont de faux Christs et de faux prophètes. Et le Christ dit qu’ils seront nombreux. Ils apparaîtront l’un après l’autre jusqu’au jour et à l’heure connus du seul Père céleste. Mais cette heure viendra, le temps viendra où les sociétés humaines deviendront instables, où certains peuples se tourneront contre d’autres, où les autorités et les puissances commenceront à tomber et où régnera un trouble universel. Alors, dit le Christ, l’ancien monde prendra fin et un nouveau commencera, et le royaume des cieux sera établi. Et le temps de ce nouveau monde est proche, dit le Christ, car nous voyons déjà que l’ancien monde, le monde des faux Christs et des faux prophètes, s’en va. Et les peuples lèvent déjà la tête avec joie et regardent de tous côtés pour saluer l’avènement du royaume des cieux.
— D’après Lamennais
Quand, dans les temps anciens, un peuple subissait des malheurs, les prophètes lui disaient : « Vous avez oublié Dieu, vous vous êtes écartés du chemin de Dieu, autrement le malheur ne vous serait pas arrivé. Vous ne viviez pas selon les lois éternelles et ne vous laissiez pas guider par elles, mais par les lois du mensonge et de la tromperie, rejetant consciemment la réalité, et maintenant vous voyez que la patience de la nature a pris fin. » Tout cela est parfaitement compréhensible pour les gens simples et non corrompus. Mais ces dernières années sont apparues des personnes qui considèrent la nature comme morte, comme une sorte d’horloge hebdomadaire, fabriquée il y a des milliers d’années ; elle continue certes à tinter, mais ne sert plus à rien. Aucune exhortation ni dénonciation ne peut agir sur de telles personnes. Mais, heureusement, tout le monde n’est pas ainsi, et il y en a qui comprennent que si leur vie est mauvaise, ils n’ont qu’eux-mêmes à en blâmer.
— D’après Carlyle
Tout comme un homme ivre, debout au bord d’un précipice, répond aux avertissements de ceux qui veulent l’empêcher de tomber par un rire absurde et des paroles indécentes, ainsi notre monde, ivre de toutes sortes de désirs impurs, se moque des prophètes qui veulent le sauver du précipice qui le menace. Ce qui était dit dans les temps anciens peut se dire aujourd’hui : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés ! Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! »
— Lucy Mallory
L’humanité est un homme qui apprend sans cesse. Les individus meurent, mais la vérité qu’ils ont découverte, la vérité qu’ils ont exprimée, ne meurt pas avec eux. L’humanité garde tout, et, depuis les tombes des morts, l’être humain utilise ce que d’autres, avant lui, avaient acquis. Chacun de nous naît dans un monde fait des croyances de l’humanité qui a vécu avant nous ; et chacun contribue inconsciemment, plus ou moins utilement, à la vie de l’humanité qui l’héritera. L’éducation de l’humanité se fait comme ces pyramides orientales, dont chaque passant a posé une pierre. Nous, qui ne sommes que des locataires de passage, rappelés pour achever notre éducation ailleurs, nous partirons ; mais l’éducation de l’humanité, bien que lente, continue sans interruption.
— D’après Mazzini
Il est une grande erreur de penser qu’il puisse exister une seule foi pour tous les temps. Plus les hommes vivent, plus leur foi devient claire, simple et ferme. Et plus leur foi devient claire, simple et ferme, plus la vie des hommes devient harmonieuse et meilleure. Croire qu’une même foi convient à tous les temps et qu’elle ne doit pas changer, c’est comme penser que les contes et les fables que votre mère vous racontait quand vous étiez enfant sont la vérité de l’Évangile, et qu’il ne faut jamais cesser d’y croire.
