En russe, « punir » signifie « instruire ». Or on ne peut instruire que par l’exemple. Rendre le mal pour le mal n’instruit pas, cela corrompt.
Alors Pierre s’approcha de lui et dit : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère lorsqu’il péchera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »
— Matthieu 18:21–22
Si l’on admet l’impensable, à savoir qu’un être humain a le droit de punir, alors qui s’arrogera ce droit ? Seuls ceux qui sont tombés si bas qu’ils ne se souviennent plus de leurs propres fautes et ne les connaissent même plus.
Les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère. L’ayant placée au milieu, ils lui dirent : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la loi, Moïse nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu ? » Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait du doigt sur le sol. Comme ils continuaient à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. » Puis il se baissa de nouveau et écrivit sur le sol. Eux, ayant entendu cela, accusés par leur conscience, se retirèrent un à un, en commençant par les plus âgés jusqu’aux derniers. Jésus resta seul avec la femme, qui était là au milieu. Alors Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus. »
— Jean 8:3–11
La plupart des misères humaines proviennent du fait que des hommes pécheurs se sont arrogé le droit de punir. « À moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai. »
S’il te semble que quelqu’un t’a fait du tort, oublie-le et pardonne-lui. Et si tu ne l’as jamais éprouvé auparavant, tu découvriras une joie nouvelle : la joie de pardonner.
Le véritable châtiment de toute mauvaise action se produit dans l’âme de celui qui l’a commise : il consiste en une diminution de sa capacité à jouir des biens de la vie. En revanche, le châtiment extérieur ne fait que provoquer le coupable.
Le châtiment est toujours cruellement douloureux. S’il ne l’était pas, il ne serait pas infligé. Pour les hommes de notre temps, l’emprisonnement est aussi cruellement douloureux que le fouet l’était il y a cent ans.
Les Amérindiens ne se soumettaient à aucune loi, à aucun pouvoir coercitif, à aucune forme de gouvernement. Leurs seuls régulateurs étaient leurs mœurs et ce sens moral du bien et du mal qui, comme le goût ou le toucher, fait partie de la nature de chaque homme. Les offenses contre ces règles étaient punies par le mépris, par l’exclusion de la société, ou, dans les cas graves comme le meurtre, par les individus concernés. Aussi imparfait que cela puisse paraître, les crimes y étaient très rares : à tel point que, si l’on se demandait si l’absence de lois, comme chez les Américains dits sauvages, ou l’excès de lois, comme chez les Européens civilisés, soumet l’homme au plus grand mal, celui qui a connu les deux conditions répondrait que c’est la seconde ; et que les brebis sont plus heureuses livrées à elles-mêmes que sous la garde des loups.
— Jefferson
L’existence d’une « science du châtiment », c’est-à-dire l’art de commettre l’acte le plus grossièrement ignorant — propre à l’être humain au stade le plus bas de son développement, un enfant ou un sauvage — est la preuve la plus claire de la fréquence avec laquelle le mot « science » sert à désigner non seulement des enseignements insignifiants, mais aussi des doctrines nuisibles.
