Plus un homme passe de temps seul, plus il entend la voix de Dieu qui l'appelle toujours.
Silentium ! Tais-toi, caché, dissimule Tes sentiments et ton idéal ! Et au fond de ton esprit laisse Tes pensées et rêves naître et s’éteindre, Comme des étoiles dans la nuit constellée : Tais-toi et admire leur vol !
Comment un cœur peut-il s’exprimer ? Comment un autre verrait-il ton moi ? Comprendra-t-il ce qui te fait vivre ? Une pensée exprimée n’est qu’un mensonge. Ne creuse pas, ou tu souilleras la source : Tais-toi et apaise ton désir !
Apprends à mener une vie intérieure : Il est un univers rempli De pensées magnifiques en toi ; Elles seront noyées par le tumulte extérieur, Ou aveuglées par les rayons du jour : Tais-toi et écoute le sublime.
— Tiouttchev
Énoncer à voix haute une bonne intention affaiblit déjà le désir de la réaliser. Mais comment retenir l’élan de la noble vanité de la jeunesse ? Ce n’est que beaucoup plus tard, en s’en souvenant, qu’on les regrette comme une fleur non éclose qu’on n’a pu s’empêcher de cueillir, et qu’on a ensuite vue au sol, flétrie et piétinée.
Nous sommes toujours seuls dans les questions importantes de la vie, et notre vraie histoire ne peut presque jamais être comprise par autrui. La meilleure partie du drame qui se joue dans notre âme est un monologue, ou plutôt un entretien du cœur entre Dieu, notre conscience et nous.
— Amiel
Pascal dit : un homme doit mourir seul. Il doit aussi vivre ainsi. Un homme est toujours seul dans ce qu’il y a de plus important dans la vie, c’est-à-dire qu’il n’est pas avec les hommes, mais avec Dieu.
Il est bon d’être nécessaire aux autres tout en n’ayant pas soi-même besoin d’un compagnon.
Un homme immoral est toujours relié aux hommes dans la vie, mais plus il l’est, plus il se sent seul. Un homme bon et rationnel, au contraire, se sent seul parmi les hommes, mais il est conscient de son union constante avec l’humanité quand il est seul.
La renonciation temporaire à tout ce qui est mondain et la contemplation de ton essence divine en toi-même sont aussi nécessaires à la vie et à la nourriture de l’âme que la nourriture l’est au corps.
