Sagesses du 11 septembre

La vraie foi attire les hommes non tant en promettant le bien au croyant, qu’en présentant le seul refuge du salut, non seulement contre tous les maux de cette vie, mais aussi contre la peur de la mort.

1

Si tu es conscient de n’avoir pas la foi, sache que tu es dans la position la plus périlleuse où un homme puisse se trouver en ce monde.

2

Il est mauvais pour un homme de ne pas avoir quelque chose pour quoi il est prêt à mourir.

3

Les partisans de l’utilité n’ont d’autre morale que la morale du profit, d’autre religion que la religion du bien-être matériel. Ils ont trouvé le corps humain défiguré et épuisé par la pauvreté, et dans leur zèle imprévoyant, se sont dit : « Guérissons ce corps ; quand il sera fort, gras et bien nourri, l’âme y reviendra. » Mais je dis qu’on ne peut guérir ce corps qu’en guérissant l’âme. La racine du mal est dans l’âme, et les maux corporels ne sont que des manifestations extérieures de ce mal. L’humanité moderne meurt d’un manque de foi commune qui relierait la terre au ciel, l’univers à Dieu. C’est l’absence de cette religion de l’âme, dont il ne reste que des mots vides et des formes mortes, c’est l’absence totale de la conscience du devoir, de la capacité de sacrifice, qui a fait tomber l’homme, comme un sauvage, prosterné dans la poussière, et élever sur l’autel vide l’idole du « profit ». Les despotes et princes de ce monde en sont devenus les grands prêtres. Et ils sont la source de l’enseignement répugnant du profit, qui dit : « Chacun pour soi, chacun seulement pour lui-même. »

Giuseppe Mazzini

4

Si nous examinons les causes des calamités qui affligent l’humanité, en allant des immédiates aux plus fondamentales, nous arriverons toujours à la cause principale de toutes les calamités humaines : l’absence ou la faiblesse de la foi, c’est-à-dire l’ambiguïté ou la fausseté de la relation établie par l’homme avec le monde et son origine.

5

Celui qui professe une loi extérieure est comme quelqu’un qui se tient dans la lumière d’une lanterne accrochée à un poteau. Il est dans sa lumière, elle est assez vive pour lui, mais il n’a nulle part ailleurs où aller. Un homme religieux porte une lanterne devant lui sur une perche assez longue ; la lumière est toujours devant lui et l’incite toujours à la suivre, lui révélant un nouvel espace illuminé qui l’attire sans cesse.

Le salut ne consiste pas dans les rites ou les mystères, ni dans la profession de telle ou telle foi, mais dans la compréhension claire du sens de ta vie.