Sagesses du 22 septembre

Il est de la nature humaine de croire à l’immortalité.

1

Chacun sent qu’il n’est pas un néant animé à un moment donné par autrui. D’où sa certitude que la mort peut mettre fin à sa vie, mais nullement à son existence.

Schopenhauer

2

L’âme habite le corps non comme dans une maison, mais comme dans un abri temporaire.

Le Kural

3

Que de mondes ignorent notre existence ! Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. Quand je médite sur ma brève vie au milieu de l’éternité qui l’a précédée et la suivra, sur l’insignifiance de l’espace que j’occupe, et même de celui que je vois — un espace qui se perd dans l’immensurabilité infinie d’autres espaces dont j’ignore l’existence et qui m’ignorent —, j’éprouve à la fois effroi et admiration de ce que je sois ici et non ailleurs ; car il n’y a aucune raison que je sois ici plutôt que là, maintenant plutôt qu’avant ou après. Qui m’a placé ici ? Par quel ordre et quel commandement ai-je été assigné précisément à cet endroit et à ce moment précis ? La vie est le souvenir d’un seul jour fugace, passé en hôte.

Pascal

4

Nos vies mortelles sont courtes ; quelques instants nous sont donnés. Mais nos âmes ne vieillissent pas et vivront éternellement.

Phocylide

5

L’expérience montre que beaucoup de ceux qui croient à une vie après la mort cèdent néanmoins au vice et commettent des actes vils en imaginant des moyens astucieux d’échapper aux conséquences de leur conduite. Mais en même temps, nous voyons que toute personne vraiment morale sait au fond de son âme que sa vie ne s’achève pas avec la mort. C’est pourquoi il me semble plus conforme à la nature humaine de fonder la foi en une vie à venir sur les sentiments d’une âme noble et d’une bonne vie, plutôt que l’inverse, de fonder une bonne vie morale sur l’espoir d’une récompense dans l’au-delà. Telle est la vraie foi morale, dont l’innocence s’élève au-dessus de toutes les ruses et machinations, et qui seule convient à toute condition humaine, car elle mène l’homme directement, et non par des chemins détournés, à ses vrais buts.

Kant

6

Les gens craignent la mort parce que ce qu’ils prennent pour la vie n’en est qu’une petite partie, limitée par leurs fausses notions.

7

La mort est la destruction des organes corporels par lesquels je perçois le monde tel qu’il m’apparaît en cette vie. La mort est la destruction de ce verre à travers lequel je regardais le monde. Mais la destruction du verre n’implique nullement la destruction de l’œil.

La conscience de notre immortalité est la voix de Dieu qui habite en nous.