La terre ne peut pas être un objet de propriété.
Lorsqu’on demanda à Socrate d’où il venait, il répondit qu’il était citoyen du monde entier ; il se considérait comme habitant et citoyen de tout l’univers.
— Cicéron
En supposant que tout le globe habitable soit ainsi enclavé, il s’ensuit que si les propriétaires fonciers ont un droit légitime sur sa surface, tous ceux qui ne sont pas propriétaires n’ont absolument aucun droit à sa surface. Ils ne peuvent donc exister sur la terre qu’à titre de tolérés. Ce sont tous des intrus. Sauf avec la permission des seigneurs du sol, ils ne peuvent avoir aucun espace pour la plante de leurs pieds. Mieux encore, si les autres jugeaient bon de leur refuser un lieu de repos, ces hommes sans terre pourraient équitablement être expulsés de la terre tout entière.
— Herbert Spencer
La propriété du sol, comme la propriété des esclaves, diffère par sa nature même de la propriété des objets produits par le travail. Si vous enleviez de l’argent, des biens ou du bétail à une personne ou à une nation, votre vol prendrait fin avec votre départ. Le passage du temps ne transformerait certes pas votre crime en bonne action, mais il en détruirait les conséquences. Il disparaît rapidement dans un passé lointain avec ceux qui y ont pris part. Mais si vous enleviez la terre à un peuple, votre vol se prolongerait à perpétuité. Il deviendrait un nouveau vol pour chaque génération successive, pour chaque nouvelle naissance, pour chaque nouveau jour.
— Henry George
Nous occupons une île sur laquelle nous vivons du travail de nos mains. Un marin naufragé s’échoue sur notre rivage. Quels sont ses droits ? Peut-il dire : « Moi aussi je suis un être humain, moi aussi j’ai un droit naturel de travailler la terre, et, pour la même raison que vous, je peux moi aussi occuper une fraction du sol afin de me nourrir de mon travail » ?
— Laveleye
La cause des plus grands malheurs est l’affirmation rude et monstrueuse que la terre peut être la propriété privée de quelqu’un. C’est aussi injuste et cruel que l’esclavage.
— Newman
S’il existe un être humain qui n’a aucun droit à la terre, alors la propriété foncière est illégitime — la mienne, la vôtre, celle de quiconque.
— Emerson
La Terre est la mère de nous tous ; elle nous nourrit, nous abrite, nous réjouit, nous enrichit avec amour ; de combien de façons, depuis notre premier éveil jusqu’à notre dernier sommeil sur son sein maternel béni, nous enveloppe-t-elle tous de ses bras maternels bénis ! Les hommes parlent de « vendre » la Terre. La Terre, certes, dans un monde de commerce, doit être mise sur le marché pour ce qu’elle rapportera, et, comme on dit, être « vendue » ; mais l’idée de « vendre » la Terre du Créateur du monde est une impossibilité ridicule ! À proprement parler, la Terre appartient à ces deux-là : au Dieu Tout-Puissant ; et à tous ses enfants des hommes qui y ont jamais bien travaillé, ou qui y travailleront jamais bien. Elle n’est la propriété d’aucune génération, mais celle de toutes les générations passées qui y ont travaillé, et de toutes les générations futures qui y travailleront.
— Carlyle
Personne n’a le droit de posséder la terre.
