Semaine 42026

Lecture de la semaine 4 de janvier

AMÉLIORATION Il est impossible pour l’homme d’atteindre la perfection de Dieu, mais il doit constamment s’efforcer de s’en rapprocher toujours davantage. Tel est le chemin prescrit à l’humanité depuis des temps immémoriaux. Ce chemin est épineux et difficile, en raison des obstacles rencontrés à chaque pas. Pourtant, il est réconfortant et source de joie par les fruits qu’il porte, dont le dernier est la paix fraternelle, le royaume de paix et d’amour sur terre. Alors adviendra la grande unité finale. Mais l’unité n’est rien d’autre que la fusion de la vie de chacun avec celle de tous. Pour atteindre cette unité, il n’existe qu’un seul moyen : le renoncement à soi-même dans la mesure où l’unité l’exige — un renoncement volontaire à tout ce qui divise et isole. Tel est l’enseignement évangélique dans son essence. Il repose entièrement sur la miséricorde et sur l’amour universel, qui embrasse Dieu et toutes ses créatures. Et, chez toutes les créatures de Dieu, tout évolue avant tout dans cette direction. De l’égoïsme naissent l’orgueil, la cupidité, les désirs sensuels, l’envie, la colère et l’animosité ; du sentiment de communauté de vie, fondé sur Dieu, naissent la douceur, le renoncement à soi-même et la paix intérieure — des joies pures qui transforment les souffrances terrestres en une félicité inaltérable. Mais souvenez-vous : plus vous avancerez sur ce chemin, plus vous rencontrerez de grands obstacles de la part des enfants de ce siècle, les sujets du passé. Ils vous haïront et vous persécuteront — vous traduiront en justice et vous jetteront en prison pour étouffer le bien dans son germe, ce bien dont vous semez les graines autour de vous afin de perpétuer le mal auquel ils servent. Affermissez vos cœurs, fortifiez votre courage pour ne pas faillir dans cette lutte sacrée. Léguez cette lutte, comme la part la plus précieuse de votre héritage, à ceux qui viendront après vous. Le repos viendra après la bataille ; mais la bataille se poursuivra jusqu’au jour où l’on dira : Dieu a vaincu, son royaume est établi sur la terre, et ses enfants ont une patrie. La loi morale est « d’aimer son prochain comme soi-même », comme il est dit dans l’Évangile ; elle ne disparaîtra pas tant qu’elle ne sera pas accomplie. C’est une loi aussi inévitable que celle de la gravité ou que celles des combinaisons chimiques, comme toutes les lois physiques. On peut supposer que les lois physiques, autrefois fluctuantes et non communes à tous les phénomènes naturels, se sont développées jusqu’à devenir nécessaires. Il en est de même pour la loi morale : elle s’élabore en nous. Le but immédiat de la vie du monde semble être, pour l’homme raisonnable, l’unification de toutes les créatures. Au début, certains, obéissant de plus en plus à la loi de la raison, comprendront que le bien de la vie ne s’obtient pas par l’effort de chacun pour son propre intérêt, mais par l’effort de chacun pour le bien de tous les autres ; et peu à peu, cette compréhension s’étendra à tous les êtres.

Lamennais