Lecture de la semaine 1 de janvier
Je me suis servi, pour les pensées réunies ici, d’un très grand nombre d’ouvrages et de recueils. J’ai indiqué le nom de l’auteur de chaque pensée au-dessous de celle-ci, sans toutefois mentionner la source exacte, ni le titre du livre ou de l’œuvre dont elle est tirée. Dans certains cas, je n’ai pas traduit ces pensées directement à partir de leur source originale, mais à partir d’une traduction dans les langues par lesquelles elles me sont devenues connues ; il se peut donc que mes traductions ne soient pas entièrement identiques aux originaux. Lorsque j’ai traduit des pensées de penseurs allemands, français ou italiens, je n’ai pas suivi strictement le texte original : je les ai généralement raccourcies et rendues plus faciles à comprendre, en omettant certains mots. On pourrait me dire qu’alors une citation n’est plus vraiment de Pascal ou de Rousseau, mais devient mon propre travail ; pourtant, je pense qu’il n’y a rien de mal à transmettre leurs idées sous une forme modifiée. C’est pourquoi, si quelqu’un souhaite traduire ce livre dans d’autres langues, je lui conseillerais de ne pas rechercher les citations originales de poètes anglais comme Coleridge, de philosophes allemands comme Kant, ou d’écrivains français comme Rousseau, mais de traduire directement à partir de mon texte. Une autre raison pour laquelle certaines de ces pensées peuvent ne pas correspondre exactement aux originaux est que, parfois, j’ai extrait une idée d’un argument long et complexe, et j’ai dû modifier certains mots et certaines expressions pour plus de clarté et d’unité. Dans certains cas, j’ai même exprimé entièrement la pensée avec mes propres mots. Je l’ai fait parce que le but de mon livre n’est pas de fournir des traductions exactes, mot à mot, des pensées d’autres auteurs, mais d’utiliser le grand et fécond héritage intellectuel créé par divers écrivains afin de présenter à un large public un recueil de lecture simple et accessible au quotidien, capable d’éveiller leurs meilleures pensées et leurs meilleurs sentiments. J’espère que les lecteurs de ce livre éprouveront le même sentiment bienfaisant et élevé que celui que j’ai ressenti en travaillant à sa création, et que je ressens encore et encore lorsque je le relis chaque jour, en travaillant à l’enrichissement et à l’amélioration des éditions précédentes.
— Léon Tolstoï, mars 1908
