Sagesses du 21 janvier

Plus la raison se fortifie en l’être humain et plus ses passions s’éteignent, plus la vie spirituelle de l’amour de Dieu et du prochain se libère en lui. L’être humain est heureux lorsqu’il y contribue en toute conscience.

1

Si nous voyions un homme qui, au lieu de couvrir le toit de sa maison et d’y mettre des fenêtres, sortirait chaque fois qu’il y a du vent ou de la pluie, et, debout sous le vent et la pluie, se mettrait en colère contre les nuages en leur criant d’aller l’un à droite, l’autre à gauche — si nous voyions un tel homme, nous dirions probablement qu’il est fou. Or nous faisons tous la même chose lorsque nous nous irritons contre le mal que font les autres, quand nous nous en prenons à eux au lieu de travailler à arracher le mal en nous-mêmes. Pourtant, extirper le mal en nous-mêmes — couvrir son toit, poser ses fenêtres — est en notre pouvoir, tandis qu’extirper le mal du monde est aussi peu en notre pouvoir que commander aux nuages. Si, au lieu d’enseigner les autres, les gens passaient seulement un peu de temps à s’enseigner eux-mêmes, le mal dans le monde diminuerait peu à peu, et la vie des hommes deviendrait toujours plus facile.

2

Ne laissez pas les erreurs et les tentatives infructueuses vous troubler. Rien ne peut vous apprendre autant que la reconnaissance de vos erreurs. C’est là un des principaux moyens d’éducation de soi.

Carlyle

3

Gardez votre cœur des soucis qui ne vous appartiennent pas ; ne vous mêlez pas de ce qui ne vous concerne pas ; au contraire, efforcez-vous de vous améliorer et de progresser sur le chemin de la perfection.

Tiré de « Pensées pieuses »

4

Nos vies forment pour nous-mêmes une tradition morale, comme la vie de l’humanité dans son ensemble forme une tradition morale pour l’espèce ; et le fait d’avoir agi une fois avec grandeur semble fournir une raison pour que nous demeurions toujours nobles.

George Eliot

5

Ne pensez jamais que le petit mauvais acte que vous avez commis n’a pas d’importance. « Ce qui est fait est fait, je ne recommencerai pas. » Ce n’est pas vrai : il vous sera difficile de résister à refaire ce que vous avez déjà fait une fois. Ne dites jamais non plus d’une bonne action qu’elle ne vaut pas l’effort parce qu’elle est si facile, que vous pouvez la faire quand bon vous semble. Ne pensez pas cela et ne le dites pas. Même le plus petit acte de bonté vous donnera toujours plus de force pour mener une bonne vie, tandis qu’un mauvais acte vous ôtera cette force.

6

Une pomme mûre tomba d’un vieux pommier à côté d’un jeune pommier. Et le jeune pommier dit à la pomme : « Bonjour, petite pomme, j’espère que tu pourriras bientôt afin de devenir comme moi. » — Quel grossier personnage. Et si tu pourrissais toi-même puisque cela te plaît tant ? répondit la pomme. Ne vois-tu pas comme je suis belle, fraîche, forte et juteuse ? Je ne veux pas pourrir, je veux être heureuse. — Mais toute ta beauté et ton corps ne sont qu’une enveloppe éphémère ; il n’y a pas de vie en tout cela. La vie est seulement dans la graine, qui est en toi et que tu ignores. — Il n’y a pas de graine, ce sont des absurdités, dit la pomme, puis elle se tut. C’est ainsi que pensent aussi les hommes qui ne perçoivent pas en eux la vie spirituelle ; ils mènent une existence purement animale. Mais, comme pour la pomme, qu’un homme le veuille ou non, plus il vit, plus ce qu’il tenait pour la vie s’affaiblit et s’éteint en lui, tandis que la vraie vie, croissante et immortelle, devient de plus en plus claire. Ne vaudrait-il donc pas mieux, dès le commencement, vivre la vie immortelle qui croît sans cesse, plutôt que la vie qui meurt ?

Il nous semble que l’œuvre la plus importante au monde est celle qui se voit : bâtir une maison, labourer un champ, nourrir le bétail, cueillir des fruits ; et que travailler à son âme, faire un travail invisible, est quelque chose d’insignifiant, qu’on peut faire ou ne pas faire. Pourtant, ce n’est que ce travail-là, le travail sur son âme, l’effort de se rendre meilleur et plus bienveillant chaque jour, qui est réel, tandis que tout le reste, le travail visible, n’est utile que lorsque ce travail principal sur l’âme est accompli.