La mort et la naissance sont deux limites. Au-delà de ces limites se trouve la même chose.
Quand on réfléchit un peu à ce qui adviendra de son âme après la mort, on ne peut s’empêcher de penser à ce qu’il en était avant la naissance. Si l’on va quelque part, on vient probablement de quelque part. Il en va de même dans la vie. Si vous êtes entré dans cette vie, c’est que vous veniez d’ailleurs. Si vous allez vivre ensuite, c’est que vous avez aussi vécu avant.
Où allons-nous après la mort ? Au même endroit d’où nous sommes venus. L’endroit d’où nous sommes venus ne contenait pas ce que nous appelons notre moi — et c’est pourquoi nous ne nous souvenons pas de l’endroit où nous étions, du temps que nous y avons passé, ni de ce qu’il y avait là. Si, après la mort, nous retournons au même endroit d’où nous sommes venus, alors, après la mort, il n’y aura pas non plus ce que nous appelons notre moi. C’est pourquoi il est impossible de comprendre ce que sera notre vie après la mort. Mais on peut probablement dire une chose : puisque nous allions bien avant de naître, nous irons aussi bien après la mort.
Quand un être humain mène une bonne vie, il est heureux dans le présent et ne pense pas à ce qui arrivera après la fin de sa vie. Et même s’il se souvient de la mort, en voyant combien les circonstances présentes de sa vie sont bonnes, il suppose qu’il en sera tout autant après sa mort. Il est bien plus apaisant et plus juste de penser que Dieu est bon et qu’il a créé et crée tout ce qu’il y a de meilleur pour nous que de croire à toutes les félicités du paradis.
Lorsque nous naissons, nos âmes sont placées dans le cercueil de notre corps. Ce cercueil — notre corps — se détruit peu à peu, et notre âme devient de plus en plus libre. Quand le corps meurt, l’âme est entièrement libérée.
— D’après Héraclite
Un être humain n’a pas besoin de spéculer sur ce qui arrivera après cette vie ; il doit au contraire essayer d’agir dans cette vie selon la volonté de Celui qui nous a envoyés, volonté que nous connaissons dans notre esprit et dans notre cœur.
