Les maladies sont un phénomène naturel, et il faut apprendre à les considérer comme une condition naturelle et inhérente à la vie humaine.
Négliger la santé de ton corps t’empêche de servir les autres. Trop t’inquiéter de ton corps produit le même effet. Il y a un moyen de trouver le juste milieu : prends soin de ton corps dans la mesure où cela n’interfère pas avec ton service.
Un malade cesse de vivre et concentre toute sa vie sur le traitement. Il vaudrait beaucoup mieux, quelle que soit la curabilité de la maladie, vivre une vie normale sans prêter attention à sa maladie, qui, même si elle est écourtée par la maladie (ce qui est toujours douteux), serait néanmoins une vie et non une peur et une anxiété constantes pour ton corps.
Il n’y a pas de maladie qui puisse empêcher un homme d’accomplir son devoir. Si tu ne peux servir les autres par le travail, sers d’exemple d’endurance aimante.
Les maladies de la pensée sont plus mortelles et plus fréquentes que les maladies du corps.
— Cicéron
Le dicton d’Hippocrate, selon lequel le premier principe de la médecine est de ne pas nuire, est souvent ignoré pour le corps ; pour l’âme, il n’est jamais appliqué. La règle de ne pas nuire au corps n’était pas observée par les saignées du passé, et elle ne l’est pas aujourd’hui par l’administration de médicaments empoisonnants et bien d’autres choses. Du mal pour l’âme, qui accompagne toujours tout traitement, personne n’y pense ni n’en parle. Et cependant, ce mal consiste dans la justification du plus grossier égoïsme : l’exigence que les autres te servent au lieu que tu serves les autres.
N’aie pas peur de la maladie, aie peur du traitement — non pas au sens de médicaments nuisibles, mais au sens de la supposition que la maladie t’affranchit de tes obligations morales.
