Sagesses du 21 octobre

De même que les tempêtes troublent la transparence des eaux, les passions, les soucis et les peurs empêchent l’homme de percevoir son essence en troublant son âme.

1

Les gens à grande et belle âme sont toujours calmes et contents ; les gens à petite âme sont toujours insatisfaits et malheureux.

Dicton mandchou

2

Les gens éprouvent des difficultés, des soucis et des anxiétés seulement quand ils s’occupent de tâches extérieures dont le résultat ne dépend pas d’eux. Dans ces cas, ils se demandent avec angoisse : « Que vais-je faire ? Que va-t-il arriver ? À quoi cela mènera-t-il ? J’espère que ceci ou cela n’arrivera pas. » Cela arrive à ceux qui se préoccupent toujours de ce qui ne leur appartient pas. D’autre part, celui qui travaille sur des choses dont le résultat dépend de lui, et qui comprend que la perfection de soi est la tâche de sa vie, ne va pas s’anxiéter ainsi. Et même s’il commençait à s’inquiéter de savoir s’il peut tenir à la vérité et éviter le mensonge, je lui dirais : calme-toi — ce qui t’inquiète est entre tes mains ; il te suffit de veiller sur tes pensées et tes actes et d’essayer de t’améliorer partout où tu peux. Ne demande pas : « Que va-t-il arriver ? » Tu peux tirer profit de tout ce qui t’arrive et en tirer avantage. « Et si je meurs dans ma lutte contre le malheur ? » « Eh bien, alors quoi ? Tu mourras en homme honnête, faisant ce pour quoi tu es fait. Tu devras mourir de toute façon, et la mort doit te surprendre en plein milieu de quelque chose. Je serais heureux que la mort me surprenne faisant quelque chose digne d’un homme, au milieu d’une bonne action utile au bien commun, ou quand j’essaie de m’améliorer. Alors je pourrais lever les mains vers Dieu et lui dire : "Mon Seigneur, tu sais toi-même dans quelle mesure j’ai usé de ce que tu m’as donné pour comprendre tes lois. T’ai-je reproché quelque chose ? Me suis-je rebellé contre ce qui m’arrivait ? Ai-je essayé d’éviter d’accomplir mon devoir ? Je te remercie d’être né et de tous tes dons. Je m’en suis assez servi, reprends-les et fais-en ce que tu veux — car ils sont à toi !" » La meilleure mort est-elle possible ? Pour vivre jusqu’à une telle mort, il faudra renoncer à beaucoup de choses, mais en vérité, en faisant cela, tu gagneras énormément. Si au contraire tu essaies de retenir ce qui n’est pas à toi, tu le perdras certainement, avec ce qui est à toi. Celui qui poursuit le succès mondain perd beaucoup de nuits de sommeil, il est toujours occupé et anxieux, servile envers les puissants et, en général, enclin à des comportements vils. Et finalement, qu’a-t-il obtenu par tout cela ? Que des honneurs lui aient été décernés, que les gens le craignent et qu’il, ayant obtenu un haut rang, puisse donner des ordres aux autres. Ne vas-tu vraiment pas vouloir travailler pour te libérer de tous ces soucis et dormir d’un bon sommeil, sans peurs ni anxiétés ? Sache cependant que cette tranquillité ne se gagne pas gratis.

Épictète

3

Celui qui mène sa vie à la lumière de la raison et la sert ne connaît pas les moments de désespoir, il ne connaît pas les tourments de la culpabilité, il ne craint pas la solitude et ne cherche pas la compagnie bruyante, un tel homme mène la plus haute vie, il ne fuit pas les gens, ne les poursuit pas. Il n’est pas troublé par les pensées sur quand son âme devra quitter la prison de son enveloppe matérielle — les actions d’un tel homme seront toujours les mêmes, même face à la mort imminente. Il ne se soucie que d’une chose : mener une vie de raison en coexistence pacifique avec les autres.

Marc Aurèle

4

La disposition de l’âme d’un homme ne sera déterminée que quand il comprendra clairement sa place dans le monde. Quand la disposition de son âme est déterminée, toute anxiété spirituelle cessera. Quand l’anxiété spirituelle cesse, il y aura une tranquillité intérieure complète, et celui qui possède une telle tranquillité spirituelle immuable deviendra apte au travail de l’esprit. Et le travail de l’esprit rend l’homme capable de percevoir tout ce qui est vrai.

Sagesse chinoise

5

La vraie force de l’homme ne réside pas dans les accès de passion, mais dans la tranquillité immuable.

La tranquillité constante est impossible, mais quand nous vivons des moments de tranquillité, nous devons les chérir, essayer de les prolonger. C’est dans ces moments que naissent, s’éclaircissent et se fortifient les pensées qui guident notre vie.