Le but de l’homme est de préserver son âme. Préserver ton âme, c’est la faire croître, l’élargir. Cette expansion se fait par l’amour.
« Car je suis descendu du ciel pour ne pas faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or c’est ici la volonté de mon Père, qui m’a envoyé, que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné », dit Jean (6:38–39), c’est-à-dire préserver, faire croître en moi et amener au plus haut degré possible de divinité cette étincelle de vie spirituelle qui m’a été donnée, confiée, comme un enfant à une nourrice. Que faut-il donc pour accomplir cela ? Non la satisfaction des convoitises, non la gloire terrestre, mais le travail, la lutte, la peine, la souffrance, l’humiliation, la persécution, ce dont il est tant parlé dans l’évangile. Et c’est précisément cela qui nous est envoyé sous diverses formes, en petites ou grandes quantités. Il nous suffit de l’accepter comme un travail joyeux parce que nécessaire, non comme quelque chose d’ennuyeux, qui trouble notre existence animale que nous prenons pour la vie.
Les œuvres des justes sont des semences qui parfois reposent immobiles dans le sol de l’histoire, mais qui, recevant chaleur et humidité, absorbant de nouveaux sucs sains et de fraîches énergies, commencent à germer, à fleurir et à porter du fruit ; tandis que ce qui est semé par la violence et le mensonge se fane, se pourrit et disparaît sans trace.
— Le Talmud
Quel est le but de l’homme sinon d’être un réformateur, un refondateur de ce que l’homme a fait ? Un renoncement au mensonge ; un restaurateur de la vérité et du bien ? Imitant cette grande Nature qui nous enveloppe tous, et qui ne dort jamais sur un passé ancien, mais se répare à chaque heure, nous donnant chaque matin un nouveau jour, à chaque souffle une nouvelle vie ?
— Emerson
Le but de la vie humaine est à la fois la perfection personnelle et le service de l’œuvre accomplie par l’ensemble de l’humanité. Tant qu’il y a encore de la vie en un homme, il peut se perfectionner et servir le monde. Mais il ne peut servir le monde qu’en se perfectionnant lui-même, et il ne peut se perfectionner qu’en servant le monde.
Se perfectionner, c’est transférer son moi de plus en plus de la vie corporelle vers la vie spirituelle, pour laquelle il n’y a ni temps ni mort, et pour laquelle tout est bon.
Il n’y a qu’un pas entre moi et un enfant de cinq ans. Une distance terrible sépare un nouveau-né d’un enfant de cinq ans. Entre un embryon et un nouveau-né s’étend un abîme. Et ce n’est plus un abîme qui sépare le néant de l’embryon, mais l’insondable.
De l’enfance jusqu’à la mort, quand qu’elle vienne, l’âme humaine grandit, devient de plus en plus consciente de sa spiritualité, se rapproche de Dieu, de la perfection. Que tu le saches ou non, que tu le veuilles ou non, ce mouvement a lieu. Mais si tu sais et veux ce que Dieu veut, alors la vie devient libre et joyeuse.
