Sagesses du 10 octobre

En tant qu’animal, l’homme ne peut s’empêcher de ressentir de la répulsion pour la mort ; en tant qu’être spirituel, il ne connaît pas la mort et ne peut donc ni en ressentir de répulsion, ni la désirer.

1

La raison pour laquelle la notion de mort n’a pas l’effet qu’elle pourrait avoir tient au fait que nous, en tant qu’êtres actifs par nature, ne sommes vraiment pas censés y penser du tout.

Kant

2

La vie n’a rien de commun avec la mort. C’est probablement pourquoi l’espoir vague qui obscurcit la raison et nous force à douter de la véracité de notre connaissance de l’inévitabilité de la mort ne nous quitte jamais. La vie s’efforce de préserver son existence. Elle répète sans cesse, comme le perroquet de la fable même quand on lui tord le cou : « Ce… ce… ne sera rien ! »

Amiel

3

Dans les derniers instants mourants, la source spirituelle quitte le corps et, le quittant, soit fusionne avec la Source Universelle éternelle et extra-dimensionnelle, soit passe dans une autre forme limitée. Nous ne savons pas laquelle, nous savons seulement que ce qui animait le corps le quitte par la mort, et le corps devient un simple objet d’observation.

4

La mort est un changement ou une disparition de l’objet de la conscience. La conscience elle-même ne peut être détruite par la mort, de même qu’un changement de spectacle ne détruit pas le spectateur.

5

Tu ne sais pas comment tu es entré dans cette vie, mais tu sais que tu y es entré comme un moi particulier, que tu es, et ensuite tu as continué à marcher et marcher, et tu as atteint le milieu du chemin, et soudain tu es heureux ou effrayé, et tu t'accroches et ne veux pas bouger de ton endroit, ne veux pas aller plus loin parce que tu ne vois pas ce qui est devant. Mais tu n'as pas vu non plus l'endroit d'où tu viens, et pourtant tu es venu. Tu es entré par l'entrée mais refuses de sortir par la sortie. Toute ta vie a été une procession à travers une existence corporelle ; tu marchais, tu as accéléré, et soudain tu regrettes que la chose même que tu n'as jamais cessé de faire continue d'arriver. Tu es terrifié par le grand changement de ton état à la mort corporelle, mais un si grand changement a aussi eu lieu quand tu es né, et non seulement cela n'a mené à rien de mauvais mais, au contraire, à quelque chose d si bon que tu ne veux pas t'en séparer.

Si nous croyons que tout ce qui nous est arrivé dans notre vie nous est arrivé pour notre bien — et un homme qui croit à une origine bienveillante de la vie ne peut croire autrement —, alors nous ne pouvons que croire aussi que ce qui nous arrive quand nous mourons nous arrive pour notre bien.