Sagesses du 7 novembre

La vie peut être vue comme un rêve, et la mort comme un réveil.

1

Je ne peux me défaire de l'idée que j'étais mort avant de naître, et que dans la mort je retournerai encore à cet état. Mourir et revenir à la vie avec le souvenir de son existence passée, c'est ce que nous appelons un évanouissement ; se réveiller de nouveau avec de nouveaux organes, c'est naître.

Lichtenberg

2

Si je tuais un animal — un chien, un oiseau, une grenouille, un insecte même — il serait strictement inconcevable que mon action en colère ou imprudente puisse transformer cet être en néant, ou plutôt, puisse transformer en néant la force primordiale grâce à laquelle ce phénomène étonnant est apparu devant nous dans toute son énergie et sa joie de vivre il y a seulement une minute. Et, vu sous un autre angle, il n'est pas possible que des millions d'animaux de toutes sortes, entrant dans la vie à chaque instant dans leur diversité illimitée, pleins de force et d'élan, n'aient jamais existé avant l'acte de leur naissance, commençant leur existence à partir du néant. Si je vois qu'une chose disparaît de ma vue on ne sait où, et qu'une autre apparaît on ne sait d'où, et qu'en outre l'une et l'autre ont la même forme et l'essence, un caractère identique, ne différant que par leur matière, qui d'ailleurs est incessamment rejetée et remplacée pendant toute la durée de leur existence — alors une hypothèse vient naturellement à l'esprit que ce qui disparaît et ce qui prend sa place sont un seul et même être, qui ne subit qu'une légère transformation, le renouvellement de la forme de son existence, et il s'ensuit que ce qui est mort pour l'espèce est sommeil pour l'individu.

Schopenhauer

3

Nous vivons dans nos rêves presque de la même manière que dans la réalité. Pascal dit que si nous nous voyions toujours dans un rêve dans une même situation, et dans des situations différentes dans la réalité, nous prendrions le rêve pour la réalité et la réalité pour un rêve. Ce n'est pas tout à fait juste. La réalité diffère d'un rêve en ce que dans la vraie vie nous possédons la capacité d'agir conformément à nos obligations morales. Dans un rêve, cependant, nous sommes souvent conscients que nous commettons des actes répugnants, immoraux, mais nous sommes impuissants à résister. Je dirais donc que si nous ne connaissions pas une vie dans laquelle nous aurions plus de pouvoir pour satisfaire les obligations morales que dans un rêve, nous prendrions entièrement le rêve pour la vie et ne douterions pas un instant qu'il ne soit pas réel. Mais n'est-ce pas toute notre vie, de la naissance à la mort, avec tous ses rêves, à son tour un rêve que nous prenons pour la réalité, pour la vraie vie, dont nous ne doutons la réalité que parce que nous ne connaissons pas une vie dans laquelle notre liberté de suivre les obligations morales de l'âme serait plus grande que celle que nous possédons actuellement ?

4

Je ne regrette pas d'être né et d'avoir vécu une partie de ma vie ici parce que j'ai raison de penser que j'ai vécu d'une manière qui a apporté un peu de bien. Quand la fin viendra, je quitterai la vie comme on quitte un hôtel et non sa vraie maison, parce que je pense que notre séjour ici est destiné à n'être que transitoire et temporaire.

Cicéron

5

Même si je me trompais en pensant que l'âme est immortelle, je serais heureux et satisfait de mon erreur ; et tant que je suis vivant, personne n'a le pouvoir de m'enlever cette conviction, qui me donne une paix immuable et une satisfaction complète.

Cicéron

Nous faisons erreur quand nous demandons : que se passe-t-il après la mort ? Quand nous parlons du futur, nous parlons du temps, mais quand nous mourons, nous sortons du temps.