Sagesses du 23 novembre

Le problème de définir le sens de la vie est soit très difficile et insoluble — ce qu'il est quand un être humain demande à Dieu pourquoi il a été envoyé dans le monde — soit très simple, quand un être humain se demande ce qu'il doit faire.

1

Pour que ce ne soit pas une plaisanterie des plus cruelles, la vie humaine, qui peut être écourtée à chaque seconde, doit avoir un sens qui ne dépend pas de sa longueur ou de sa brièveté.

2

Les voyageurs mettent le désordre et ruinent les chambres d'une auberge où ils séjournent, puis accusent l'aubergiste qui les a laissés en disposer librement. De la même manière, les gens accusent Dieu des maux de ce monde.

3

Il est aussi peu du rôle d'un sage de réfléchir beaucoup sur la nature des êtres supérieurs à lui que sur celle des êtres inférieurs. C'est de l'immodestie de supposer qu'il peut concevoir les uns, et de la dégradation de supposer qu'il devrait s'occuper des autres. Reconnaître son infériorité éternelle et sa grandeur éternelle ; se connaître soi-même et sa place ; se contenter de se soumettre à Dieu sans le comprendre ; et gouverner la création inférieure avec sympathie et bonté, sans partager la passion de la bête sauvage ni imiter la science de l'insecte — voilà ce que tu trouveras être de la modestie envers Dieu, de la douceur envers ses créatures, et de la sagesse pour soi-même.

John Ruskin

4

La seule façon de vivre sans comprendre le sens de sa vie est de vivre dans une ivresse corporelle constante produite par le tabac, l'alcool et la morphine, ou dans une ivresse sensuelle constante des différentes formes de divertissements, amusements et distractions.

5

Ce monde n'est pas une plaisanterie, pas simplement une vallée d'épreuves et un passage vers un monde meilleur éternel — c'est l'un des mondes éternels, un monde beau, joyeux, que nous non seulement pouvons mais devons rendre plus beau et plus joyeux pour ceux qui vivent avec nous et pour tous ceux qui vivront en lui après nous.

6

Il est juste que le seul but de notre vie soit l'auto-perfection de notre âme ne serait-ce que parce que tout autre but serait dénué de sens face à la mort.

N'imagine pas que le désarroi devant le sens de la vie humaine et l'incapacité à le comprendre soit quelque chose d'exalté ou de tragique. Le désarroi d'une personne devant le sens de la vie est comparable au désarroi d'un homme qui se trouve parmi un groupe de personnes engagées dans la lecture d'un bon livre. Le désarroi de cet homme, qui n'écoutait pas ou ne comprenait pas ce qui était lu, et qui maintenant s'agite parmi un auditoire captivé, n'est pas quelque chose d'exalté et tragique, mais plutôt quelque chose de ridicule, sot et pathétique.