Sagesses du 9 février

Le mal matériel causé par la guerre soit grand qu’il soit, il pâlit en comparaison du mal que représente la corruption des notions du bien et du mal qu’elle introduit dans l’esprit des gens simples et non réfléchis de la classe ouvrière.

1

Les passions éveillées par la guerre, les haines nationales, le culte de la gloire militaire, la soif de victoire ou de vengeance émoussent la conscience publique ; elles pervertissent les meilleurs instincts sociaux en cette extension basse et aveugle de l’égoïsme qu’on appelle à tort patriotisme ; elles étouffent l’amour de la liberté ; elles conduisent les hommes à se soumettre à la tyrannie et à l’usurpation, poussés par la sauvage soif d’égorger les autres ou par la peur d’avoir la gorge tranchée. Elles pervertissent si bien les perceptions religieuses que des prétendus disciples du Christ bénissent en son nom les étendards du meurtre et du pillage, et que l’on rend grâce au Prince de la Paix pour des victoires qui couvrent la terre de cadavres mutilés et réduisent les foyers à la désolation !

Henry George

2

Un enfant, en rencontrant un autre enfant avec un sourire, exprime une joie aimable, comme tout être humain non corrompu. Et pourtant, un citoyen d’une nation, sans même voir un étranger, ressent déjà pour lui de la haine et est prêt à lui infliger du mal et la mort. Quel grand crime que d’inciter en l’homme de tels sentiments et de tels actes !

3

La meilleure arme est une arme impie. Et c’est pourquoi un être humain sage ne s’y fie pas. Il estime la paix et le calme par-dessus tout. Il triomphe, mais sans armes.

Laozi

4

« Diviser pour régner » est la maxime d’or des oppresseurs de l’humanité. C’est en éveillant les antipathies raciales et en excitant les animosités nationales, en faisant appel aux préjugés locaux et en dressant les hommes les uns contre les autres, que les aristocraties et les despotismes ont été fondés et maintenus. Ceux qui veulent libérer les hommes doivent s’élever au-dessus de tels sentiments s’ils veulent réussir.

Henry George

La guerre est une condition humaine où le pouvoir et la gloire reviennent aux personnes les plus basses et les plus vicieuses.