Plus une personne est jeune et moins elle réfléchit, plus elle croit que l’essence de sa vie réside dans son corps. Plus elle vieillit et devient sage, plus elle comprend que le fondement de la vie, la sienne comme celle de l’univers, se trouve dans le domaine de l’esprit.
Il est bon de se rappeler plus souvent que notre vraie vie n’est pas seulement la vie extérieure et corporelle que nous menons ici-bas, mais que, parallèlement à cette vie, il en existe une autre : la vie intérieure de l’âme. Notre vie corporelle visible est la même chose que ce qu’est un échafaudage pour la construction d’un bâtiment. L’échafaudage n’est nécessaire que pendant la construction. Quand l’édifice est achevé, l’échafaudage n’est plus utile et on le démonte. Il en va de même de notre vie corporelle. Elle n’est nécessaire qu’à la construction de l’édifice de la vie spirituelle, et lorsque cet édifice est prêt, le corps est détruit. Quand nous voyons d’immenses échafaudages élevés de fer autour d’un bâtiment qui ne dépasse encore que de peu ses fondations, il nous semble que tout est dans l’échafaudage. Nous faisons la même erreur lorsque nous prenons le corps pour l’ensemble de notre vie. Il est bon de se rappeler, à soi-même comme aux autres, que, de même que le but de l’échafaudage est de construire un bâtiment, le but du corps est de développer notre vie spirituelle.
Regarde le ciel et la terre et pense : toutes ces montagnes, ces rivières, ces formes variées de la vie, ces œuvres de la nature — tout cela est transitoire. Tout cela passera. Dès l’instant où tu saisis cela clairement, l’illumination vient aussitôt, et tu connais ce qui est et ne passe pas.
— Parole bouddhique
Nous sommes saisis d’admiration devant l’ampleur des montagnes et des corps célestes, nous comptons en eux des millions de pieds cubes et de livres, et pourtant toutes ces choses apparemment grandes ne sont rien en comparaison de ce qui les connaît toutes. La chose la plus puissante au monde est invisible, inaudible et impalpable.
Souviens-toi que ce n’est pas toi, mais ton corps, qui est mortel ; que ce qui est vivant n’est pas ton corps, mais l’âme qui est en lui. Ce n’est pas ton corps qui force ton âme à comprendre ta vie et celle du monde, mais l’âme qui demeure en toi, qui anime, sent, se souvient, prévoit, gouverne et dirige ton corps et tes actions. Et puisqu’il existe une force invisible qui gouverne ton corps, il doit aussi exister une force invisible qui dirige l’univers.
— D’après Cicéron
C’est seulement en se libérant de la tromperie des sens, qui prennent le monde corporel pour réel et important, qu’un être humain peut comprendre et accomplir sa vocation intérieure.
