Il n’est rien de plus certain que le fait que la mort nous attend tous, chacun de nous, et pourtant nous vivons tous comme si elle ne devait jamais venir.
Que notre vie s’achève ou non après la mort est une question de la plus haute importance, et il est impossible de ne pas y penser. Que nos actes soient sages ou vains dépend de notre croyance ou non en l’immortalité. C’est pourquoi notre tâche principale devrait être de résoudre la question suivante : mourons-nous complètement ou non dans la mort corporelle, et, si ce n’est pas le cas, qu’est-ce donc, en nous, qui est immortel ? Quand nous saurons enfin ce qui, en nous, est mortel et ce qui est immortel, il deviendra clair que nous devons nous soucier dans cette vie davantage de ce qui est immortel que de ce qui est mortel. Or, les hommes font généralement exactement l’inverse.
— D’après Pascal
Ce monde serait terrible si la souffrance qui s’y trouve ne devait pas aboutir au bien. Ce serait une sorte de système mauvais conçu pour torturer les hommes dans leur corps et leur esprit. Si tel est le cas, alors le monde est inexprimablement immoral, car il produit le mal non pour un bien futur, mais oisivement, sans but. C’est comme s’il tentait les hommes uniquement pour les faire souffrir. Il nous frappe dès la naissance, mêle de l’amertume à chaque coupe de joie et fait de la mort une terreur toujours présente. Et, bien sûr, s’il n’y a ni Dieu ni immortalité, alors le dégoût que les hommes éprouvent pour la vie est compréhensible : il leur est causé par l’ordre existant, ou plutôt par le désordre — par l’horrible chaos moral, comme il faudrait l’appeler. Mais s’il y a au-dessus de nous Dieu et devant nous l’immortalité, alors tout change. Nous voyons le bien dans le mal, la lumière dans les ténèbres, et l’espérance chasse le désespoir. Lequel de ces deux postulats est alors le plus probable ? Pouvons-nous vraiment admettre que des êtres moraux — les hommes — aient été forcés de maudire justement l’ordre existant de l’univers alors qu’une issue capable de résoudre leur contradiction s’offre devant eux ? Ils doivent maudire le monde et le jour où ils sont nés s’il n’y a ni Dieu ni vie future. En revanche, s’il existe l’un et l’autre, alors la vie elle-même devient bonne et le monde devient un lieu de perfection morale, un lieu de bonheur et de sainteté sans cesse croissants.
— Érasme
Plus on comprend profondément sa vie, moins on croit à sa destruction dans la mort.
Nous cherchons souvent à imaginer la mort et notre passage là-bas, mais cela est absolument impossible, tout comme il nous est impossible d’imaginer Dieu. Tout ce que nous pouvons faire, c’est croire que la mort — comme tout ce qui vient de Dieu — est bonne.
Quelle que soit la source intérieure en l’être humain qui sent, comprend, vit et existe, elle est sainte et divine, et par conséquent elle doit être éternelle.
— Cicéron
Seul celui qui n’a jamais sérieusement contemplé la mort ne croit pas à l’immortalité.
