Sagesses du 6 février

Nos désirs les plus passionnés sont des désirs charnels, des désirs qui ne seront jamais satisfaits, et plus nous essayons de les satisfaire, plus ils grandissent.

1

Regardez comment vit un esclave. D’abord, il veut être affranchi. Il pense que sans cela il ne peut être ni libre ni heureux. Il dit : « Si j’étais libéré, je serais aussitôt complètement heureux, je n’aurais pas à plaire à mon maître ni à lui obéir, je pourrais parler avec qui je voudrais comme un égal, je pourrais aller où je veux sans demander la permission à personne. » Mais dès qu’on le libère, il se met aussitôt à chercher quelqu’un à flatter pour obtenir son repas, car son maître ne le nourrit plus. Pour cela, il est prêt à commettre toutes sortes d’actions basses et il se retrouve de nouveau dans une servitude encore plus pesante qu’auparavant. Quand cela devient particulièrement difficile pour lui, il se souvient de son ancienne servitude et dit : « En vérité, je n’étais pas si mal chez mon maître ! Je n’avais pas à me soucier de moi-même, car j’étais vêtu, chaussé, nourri et soigné chaque fois que j’étais malade. Et le service n’était pas si difficile. Et maintenant j’ai tant de soucis ! J’avais autrefois un seul maître, et regardez combien j’en ai maintenant ! Il y a tant de gens qu’il faut que je plaise pour devenir riche ! » Pour s’enrichir, il doit supporter toutes sortes d’épreuves et, lorsqu’il obtient enfin ce qu’il poursuivait, il s’avère qu’il s’est enlisé dans toute sorte de soucis pénibles. Mais il ne revient toujours pas à la raison. Il pense : « Si seulement j’étais un grand chef militaire, tous mes troubles cesseraient quand j’aurais gagné les louanges des gens ! » Et il part en campagne. Il endure toutes sortes de privations, il souffre comme un condamné à des travaux forcés, et pourtant il demande à partir en campagne une seconde et une troisième fois. Et sa vie empire de plus en plus. S’il veut se délivrer de tous ses soucis et malheurs, il doit revenir à lui-même. Qu’il apprenne où se trouve le vrai bien de la vie. Le vrai bien est d’agir en accord avec les lois de la vérité et de la bonté à chaque étape de sa vie, lois inscrites dans l’âme de tout être humain. Ce n’est qu’en agissant ainsi qu’un être humain atteindra à la fois la vraie liberté et le bien que tout cœur humain désire.

D’après Épictète

2

Celui que vainc une basse soif des plaisirs charnels, soif pleine de poison, la souffrance l’enveloppera comme une liane. Mais celui qui triomphe de cette soif, la souffrance le quitte comme les gouttes de pluie glissent sur une feuille de lotus.

Le Dhammapada

3

Les hommes désirent, se tourmentent et souffrent pour des choses mauvaises. Les choses vraiment bonnes résultent non seulement indépendamment de nos désirs, mais même contrairement à eux et souvent seulement après des inquiétudes et des souffrances causées par le mal.

4

Les hommes sont souvent plus fiers de la force de leurs désirs que de la force de leur maîtrise sur leurs désirs. Quelle étrange illusion !

Rappelez-vous avec quelle passion vous avez désiré jadis bien des choses, qui vous inspirent maintenant soit du dégoût soit de l’indifférence. Il en ira de même des désirs qui vous agitent maintenant. Rappelez-vous combien vous avez perdu en cherchant à satisfaire vos désirs passés. Il en ira de même aujourd’hui. Les supprimer, les apaiser, c’est toujours la meilleure conduite, et c’est aussi celle qui est toujours possible.