Chacun connaît ce sentiment qui résout toutes les contradictions de la vie humaine et fait le plus de bien à l’être humain : c’est l’amour.
Comment surmonter une mauvaise humeur ? D’abord par l’humilité : quand tu connais ta faiblesse, pourquoi t’irriter quand les autres la signalent ? Ce n’est pas poli de leur part, mais ils ont raison. Ensuite par le raisonnement : tu resteras finalement ce que tu es, et si tu as de toi-même une opinion exagérée, tout ce que tu as à faire est de corriger cette opinion ; l’impolitesse de notre prochain nous laisse tels que nous sommes. Mais surtout par le pardon : il n’existe qu’un seul moyen de ne pas haïr ceux qui te font du tort et t’insultent, et c’est de leur faire du bien, de vaincre ta colère par la bonté ; ta victoire sur tes sentiments ne changera pas les leurs, mais toi, tu te maîtriseras.
— Amiel
À quoi servent des yeux dépourvus de bonté ? La bonté est la vraie richesse. La propriété peut être possédée aussi bien par les bons que par les méchants. Tiens-toi à la vraie voie, sois sage et sois bon ; même si tu étudies toutes les règles de tous les enseignements religieux, seule la bonté peut te donner le bien. Celui qui a la bonté dans son âme n’entrera jamais dans la sphère des ténèbres et de la peine. Aucun malheur n’arrivera à celui qui est bon et qui sert tous les êtres.
Le Kural
L’amour détruit la mort et la transforme en un fantôme creux ; il transforme aussi une vie sans sens en quelque chose de signifiant et fait du malheur un bonheur.
Rien d’autre que le baume silencieux et réfléchi de la charité ne permet d’arracher un dard empoisonné d’une blessure. Pourquoi te laisser aigrir par la méchanceté humaine, l’ingratitude, l’envie — voire la perfidie ? Il n’y aura jamais de fin aux accusations, aux plaintes et aux représailles. Le plus simple est d’effacer tout cela. Le ressentiment, la rancœur et l’amertume troublent l’âme. Il te faut un moyen de te guérir de ces maux. Le feu purifie tout dans le monde matériel ; l’amour — dans le monde spirituel.
— Amiel
À moins d’être volontairement bon envers chaque créature, tu seras souvent cruel envers beaucoup.
— John Ruskin
L’amour fait sortir l’être humain de lui-même, de sa personne ; et donc, si une personne souffre, l’amour la délivre de la souffrance.
Moins une personne a d’amour, plus elle est soumise à la douleur de la souffrance ; plus elle a d’amour, moins la souffrance est pénible ; une vie entièrement rationnelle, dans laquelle toutes ses activités se manifestent uniquement dans l’amour, supprime la possibilité de toute souffrance. La douleur de la souffrance n’est que la douleur que les gens éprouvent en essayant de rompre les chaînes de l’amour, qui unit la vie d’un être humain à la vie du monde.
Quand la vie est dure, quand tu as peur des autres et de toi-même, quand tu es perdu dans tes raisonnements et dans tes actes, dis-toi : « J’aimerai ceux que la vie m’apportera », et essaie de le faire, et tu verras comme tout passera, comme tout deviendra plus simple et se démêlera, et tu ne voudras ni ne craindras plus rien.
