Semaine 312026

Lecture de la semaine 5 de juillet

<t>I. Repentir Ne pas résister au mal ne signifie pas ne pas combattre le mal : au contraire, cela signifie lutter contre le mal, mais non pas contre la personne, seulement contre ce qui est mal et erroné en elle ; combattre le mal tout en aimant et compatissant avec la personne possédée par le mal. Les paroles et les actions d’un homme dépendent de la direction qu’il donne à ses pensées. La lutte contre le mal consiste donc à essayer de changer l’opinion ou de susciter un changement de pensées chez celui qui fait le mal. Cela ouvre la possibilité d’une lutte apostolique contre le mal. Ceux qui ressentent dans leur âme le besoin d’héroïsme et d’abnégation peuvent aller seuls au-devant des méchants, parmi leurs frères déchus, vivre avec eux et, au prix de souffrances et d’humiliations personnelles, par l’effort d’une vie entière, réveiller le fils de Dieu en eux. La méthode est de se consacrer à Dieu, de lier sa vie à celle d’un méchant et, par toutes les bonnes actions quotidiennes, de partager fraternellement avec lui les biens de la vie, d’intervenir contre sa méchanceté par sa présence et sa conviction, en risquant sa propre vie physique et en la consacrant ainsi à Dieu. C’est un résultat merveilleux pour une grande âme à notre époque, où il existe tant de moyens simples de dire la vérité à la grande majorité des hommes qui en ont soif. L’appel spécial à l’apostolat parmi les frères déchus n’a plus lieu lorsque la fraternité des peuples et des nations, si elle n’est pas encore réalisée, est déjà reconnue par les hommes ; et le temps n’est pas loin où tous les hommes seront instruits par Dieu et où, on peut l’espérer, à la place des méchants, il n’y aura plus que des malades et des malheureux, mauvais seulement parce qu’ils ont été abandonnés. Dans tous les cas, l’ennemi ne peut être vaincu qu’au moment où les meilleures forces sortent pour le combattre. La lutte contre le mal doit toujours être le lot des meilleurs représentants de l’humanité, et non comme aujourd’hui dans l’ordre existant : policiers, geôliers, fonctionnaires, gens intéressés, vaniteux, orgueilleux, hypocrites et partials. Si l’on privait ces combattants actuels du mal de leurs privilèges — ces gros salaires, ces revenus répréhensibles, ces grades, ces ordres, cette subordination servile —, tous ces zélés défenseurs s’enfuiraient. Pour vaincre le mal chez un homme, il faut provoquer en lui un changement de pensées. Par la tromperie, cela est possible, mais peu fiable ; par la violence, jamais et en aucun cas. Il y a un calcul incontestable dans le fait de ne pas résister au méchant : le but est de gagner un homme repentant par la non-résistance et la bonté. Et nous ne pouvons même pas imaginer de quoi une âme purifiée par le repentir peut nous récompenser. Dans chaque méchant que nous violons et punissons, nous perdons peut-être un ascète. L’Évangile dit qu’« il y a plus de joie au ciel, parmi les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’en ont pas besoin ». Si seulement le centième de tous les prétendus criminels, insensément tués ou ayant tué, ayant souffert ou souffrant sous le coup de la peine en vue de leur rédemption, tombait sous l’influence de la non-résistance et de la bienveillance jusqu’au bout, se repentait et cherchait lui-même les moyens de rédemption, qui sait ce que ces âmes repentantes pourraient nous donner ? Peut-être le royaume de Dieu serait-il déjà parmi nous dans sa gloire et sa puissance, et nous n’aurions pas à voir toutes ces catastrophes au milieu desquelles nous ne discernons plus aucune lueur d’espoir. En résistant au mal, non seulement nous violons la proportionnalité et l’exactitude de notre vie, nuisons à notre santé spirituelle, mais nous perdons aussi de manière extraordinaire, incommensurable : nous perdons ce que nous pourrions acquérir si nous le voulions. <t>II. Des pierres Deux femmes vinrent voir l’aîné pour recevoir son enseignement. L’une se considérait comme une grande pécheresse. Elle avait trompé son mari dans sa jeunesse et n’avait cessé de souffrir. L’autre, ayant vécu toute sa vie selon la loi, ne se reprochait aucun péché particulier et était satisfaite d’elle-même. L’aîné interrogea les deux femmes sur leur vie. La première lui confessa en pleurant son grand péché. Elle pensait qu’il était si grave qu’elle ne pouvait espérer de pardon ; l’autre dit qu’elle ne connaissait rien de particulier comme péchés. L’aîné dit à la première : — Va, servante de Dieu, au-delà de la clôture et trouve-moi une grosse pierre, telle que tu puisses la soulever et l’apporter... Et à celle qui ne se connaissait pas de grands péchés, il dit : — Apporte-moi aussi autant de petites pierres que tu peux en porter. Les femmes allèrent et exécutèrent les ordres de l’aîné. L’une rapporta une grosse pierre, l’autre un sac rempli de petites pierres. L’aîné examina les pierres et dit : — Maintenant, faites ceci : reprenez les pierres et remettez-les exactement là où vous les avez prises, et quand vous les aurez reposées, revenez me voir. Les femmes allèrent exécuter les ordres. La première retrouva facilement l’endroit d’où elle avait pris sa grosse pierre et la replaça telle qu’elle était ; mais l’autre ne pouvait se rappeler d’où elle avait pris telle ou telle petite pierre et, sans suivre l’ordre, revint chez l’aîné avec le même sac de pierres. « Ainsi », dit l’aîné, « il en va de même pour les péchés. Toi, tu as facilement replacé la grosse et lourde pierre à sa place parce que tu te souvenais d’où tu l’avais prise. Mais toi, tu ne le pouvais pas, parce que tu ne te souvenais pas où tu avais trouvé les petites pierres. C’est pareil pour les péchés. Toi, tu t’es souvenue de ton péché, tu as supporté les reproches des hommes et les tiens de ta conscience, tu t’es humiliée et ainsi libérée des conséquences de ton péché. Mais toi, tu as commis de petits péchés dont tu ne te souviens pas, tu ne t’en es pas repentie, tu t’es habituée à vivre dans le péché et, condamnant les péchés d’autrui, tu t’es enfoncée de plus en plus profondément dans les tiens. Nous sommes tous pécheurs et nous périrons tous si nous ne nous repentons pas. »