La raison, tant celle de chaque individu que celle de l’humanité dans son ensemble, est le seul guide de la vie humaine.
L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps est éclairé ; mais si ton œil est mauvais, tout ton corps est dans les ténèbres. Veille donc à ce que la lumière qui est en toi ne soit pas des ténèbres.
— Luc 11:34–35
Si nous observons la vie de la plupart des gens, il nous semblera que l’être humain s’apparente à une plante, créée pour consommer divers nutriments, grandir, se reproduire et, finalement, vieillir et mourir. Si tel était le cas, l’être humain ne serait pas très doué pour atteindre ses objectifs, car il utilise ses capacités supérieures pour faire ce que d’autres créatures font bien mieux que lui. L’être humain mériterait d’être la plus méprisée de toutes les créatures, du moins aux yeux de la vraie sagesse, s’il ne réalisait pas partiellement, et n’espérait pas réaliser pleinement, une vie qui n’est pas entièrement animale, mais rationnelle — une vie propre à l’être humain, dont il peut percevoir la possibilité.
— D’après Kant
Tout vit ensemble et tout vit séparément — un être humain vit à part, tout comme un ver. Et chaque être séparé se considère comme la seule chose vivante et exige de la vie tout pour lui seul, alors que chaque existence séparée se rapproche sans cesse de la mort, de la destruction de son existence séparée. Cette contradiction serait insoluble si le monde était dépourvu de raison. Mais l’être humain possède la raison, et la raison élimine cette contradiction.
Une vie rationnelle ressemble à une personne portant une lanterne loin devant elle, qui illumine son chemin. Cette personne n’atteint jamais la fin de la zone éclairée, car cette zone avance devant elle. Telle est la vie rationnelle, et ce n’est que dans une telle vie qu’il n’y a pas de mort, car la lanterne ne cesse d’éclairer jusqu’à la toute dernière minute, et tu pars à sa suite aussi calmement que tu l’as suivie tout au long de ta vie.
Tous les êtres humains vivent et agissent en partie selon leurs propres pensées et en partie selon les pensées des autres. Le degré auquel les gens vivent selon leurs propres pensées ou celles des autres constitue l’une des différences majeures entre eux. Certains utilisent leurs propres pensées la plupart du temps comme un jeu intellectuel, traitant leur esprit comme un volant dont la courroie de transmission aurait été retirée, mais dans leurs actes, ils obéissent à la coutume, à la tradition et à la loi ; d’autres considèrent leurs propres pensées comme la principale force motrice derrière toutes leurs actions, ils écoutent les exigences de leur raison et lui obéissent, et ne suivent les décisions prises par d’autres qu’après une évaluation critique, et ce, rarement.
Chaque être humain peut et doit utiliser tout ce qui a été développé par l’intellect collectif de l’humanité, mais en même temps, il peut et doit utiliser son propre intellect pour vérifier les vérités qui ont été établies par ceux qui ont vécu avant lui.
