Lecture de la semaine 1 de août
<t>Ursa Grande (Le Seau) Il y a très, très longtemps, une terrible sécheresse frappa la terre : toutes les rivières, ruisseaux, puits, arbres, buissons et herbes se tarirent. Les hommes et les animaux mouraient de soif. Une nuit, une jeune fille sortit de la maison avec une louche pour chercher de l'eau pour sa mère malade. Elle chercha en vain partout et, épuisée, s'allongea dans un champ sur l'herbe sèche et s'endormit. Au réveil, elle saisit sa louche et faillit en renverser l'eau : elle était pleine d'une eau pure et fraîche ! La jeune fille voulut s'abreuver, mais pensa que sa mère serait morte d'ici là. Elle courut chez elle avec la louche. Dans sa hâte, elle trébucha sur un chien qui se trouvait sous ses pieds et laissa tomber la louche. Le chien geignit pitoyablement. La jeune fille craignit d'avoir renversé l'eau, mais non : la louche reposait sur son fond, intacte, toujours pleine. Elle versa un peu d'eau dans sa paume et le chien but avidement, cessant de geindre pour manifester sa joie. Alors la louche passa du bois à l'argent. La jeune fille rapporta la louche à la maison et la tendit à sa mère. Celle-ci dit : « Peu m'importe de mourir, bois-la toi-même », et lui rendit la louche. À cet instant, la louche d'argent devint d'or pur. La jeune fille, incapable de se retenir davantage, allait enfin boire, quand un vagabond franchit le seuil et demanda à boire. Elle ravala sa salive et tendit la louche au mendiant. Soudain, sept énormes diamants jaillirent de la louche, et un puissant ruisseau d'eau pure et fraîche en jaillit. Les sept diamants s'élevèrent de plus en plus haut dans le ciel et devinrent la Grande Ourse. <t>Moineau Je revenais de la chasse et marchais le long de l'allée du jardin. Mon chien courut devant moi. Soudain, il ralentit et se mit à ramper, comme s'il flairait du gibier. J'aperçus au loin, sur le chemin, un jeune moineau au bec bordé de jaune et au duvet sur la tête. Il était tombé du nid — le vent secouait violemment les bouleaux — et restait immobile, étendant impuissamment ses ailes à peine écloses. Mon chien s'approchait lentement quand, tombant d'un arbre voisin comme une pierre, un vieux moineau à poitrine noire atterrit pile devant lui. Tout échevelé, dépenaillé, il sauta deux fois vers la gueule armée de crocs, avec un cri désespéré et pitoyable. Il se précipita pour sauver son petit, le protégea de son propre corps, mais tout son être tremblait d'horreur. Sa voix rauque et sauvage se brisait. Il se figea, prêt à se sacrifier ! Quel monstre gigantesque le chien devait lui sembler ! Et pourtant, il ne put se résoudre à regagner sa branche haute et sûre... Une force plus grande que sa volonté l'avait jeté au péril. Le chien s'arrêta net et recula... Il semblait reconnaître cette puissance. Je rappelai vivement mon chien confus et m'éloignai, le cœur joyeux. J'admirais ce petit oiseau héroïque, cet élan d'amour. L'amour, pensais-je, est plus fort que la mort et la peur de la mort. C'est par lui seul, par l'amour que la vie tient et se meut.
— I. S. Tourgueniev.
